Roland Brouze devant sa collection de plaques métalliques.

Roland Brouze quitte le Conseil communal après 30 ans de fonction

Roland Brouze devant sa collection de plaques métalliques.

Roland Brouze devant sa collection de plaques métalliques.

On l’a appris tout récemment : Roland Brouze, figure historique communale à Vallorbe, a envoyé sa lettre de démission du Conseil communal de la Cité du fer, ceci malgré une réélection sans problème au printemps.

L’’occasion pour l’Omnibus de rencontrer l’intéressé pour en savoir un peu plus sur ce renoncement. «En fait, il s’agit essentiellement d’une lassitude» déclare Roland Brouze. «Il faut dire que j’ai effectué sept législatures complètes depuis 1982. Trente ans de politique communale, c’est déjà un sérieux bail et finalement, au début de l’été, je me suis dit que la place devait être laissée aux jeunes. Un peu comme lorsque je suis entré au Conseil et que j’y ai été accueilli par des anciens particulièrement au fait de la chose publique à Vallorbe».

Deux fois président du Conseil communal

Roland Brouze a occupé tous les postes au législatif communal. Membre de toutes les commissions importantes, il a dirigé le Conseil à deux reprises, en 1988 et en 2002. Il se souvient que lors de sa toute première séance en qualité de président en 1988, il a dû suivre un ordre du jour compliqué, avec en particulier un point sur une taxe poubelles annuelle pour lequel des rapports de minorité, de majorité et des amendements avaient été présentés.

De quoi maîtriser rapidement la conduite des débats. Une conduite qu’il a toujours estimé devoir tenir fermement. Il ne le dit pas souvent, mais Roland Brouze estime que le formel a encore sa place dans ce type d’assemblée, et que certains ont un peu trop souvent tendance à l’oublier actuellement. De sa présidence 2002, Roland Brouze relève l’arrivée à la syndicature du regretté Laurent Francfort et d’un deuxième libéral à la Municipalité, l’actuel syndic Stéphane Costantini : une première pour la Cité du fer qui avait été plusieurs décennies aux mains des radicaux. Et surtout, en qualité de président, il a encore à l’esprit la cérémonie de remise de la bourgeoisie d’honneur à Philippe Mamie, qui oeuvra pour la cité durant plus de trente ans.

Vallorbe a changé

Roland Brouze constate avec d’autres de ses concitoyens, que durant ces trois dernières décennies, Vallorbe a changé. Les anciennes familles de la cité sont moins présentes ou ont un peu décliné, alors que nombre de nouveaux habitants sont arrivés, voire sont simplement passés provisoirement par cette localité. L’esprit et les antagonismes féroces mais respectueux qui marquaient les séances du Conseil à l’époque, entre le bloc de droite et celui de gauche, ont fait place à une plus grande homogénéité des positions.

On gère plus qu’on ne défend des idées en 2011. Sans ouvertement discerner de regret, on sent malgré tout chez Roland Brouze une certaine nostalgie de ce passé plus épique et plus engagé. Les plus jeunes ne devront surtout pas oublier qu’il est actuellement l’une des mémoires vives de la Cité du fer. Et entre deux fournées matinales ou plutôt après, il saura toujours réserver du temps à ceux qui souhaitent recueillir son avis.

Photo Olivier Gfeller