Janine et Pierre Roemer.

Orbe: des libraires-épiciers passionnés

Janine et Pierre Roemer.

Janine et Pierre Roemer.

Ils se sont tellement bien intégrés à Orbe, qu’on penserait qu’ils y habitent depuis toujours, pourtant ils n’y résident que depuis 2007.

Pierre et Janine Roemer, de Romainmôtier, en voyant la construction des immeubles de la rue des Terreaux ont tout de suite pensé que ce serait idéal pour leurs vieux jours. Ils y adorent surtout la vue sur le Jura, de Premier à Mauborget.

Leur vie a été très remplie, comme le témoignent les multiples albums de photographies et les nombreux objets confectionnés par Janine Roemer au gré de ses passions; elle a fait de la peinture, du macramé, des montages photographiques. Lui a plutôt collectionné les livres et a écrit sur des périodes de sa vie qui lui tenaient à coeur ou le tourmentaient.

Nés dans les années trente, Pierre est né à Genève mais a passé la plus grande partie de son enfance à Neuchâtel et Janine est de Lausanne. Sa passion des livres est venue de son apprentissage de libraire. Ce n’était pas son premier choix mais à l’époque une jeune fille ne pouvait pas faire tout ce qui lui plaisait. Elle aurait aimé faire céramiste, horticultrice ou fleuriste, mais soit cela ne se faisait pas ou sa maman trouvait que ce n’était pas pour elle.

Longue histoire d’amour

Elle s’est mariée très jeune, a eu deux enfants , mais a assez vite divorcé et travaillait chez Payot pendant les heures scolaires. C’est là qu’elle a rencontré Pierre. Il était marié et père de deux enfants également. Il avait passé un diplôme commercial et aurait aimé faire des études, mais était pressé de quitter sa famille. A la librairie Payot, il faut noter qu’il a été le premier et le plus jeune, non issu de la famille Payot, a être nommé comme chef du service de diffusion. Ils se sont mariés en 1971 et ne se sont plus quittés, il est rare de les rencontrer l’un sans l’autre.

Ils ont d’abord acheté une maison de vacances en France voisine, Janine rêvait d’habiter à la campagne. Ils se souviennent qu’au début il n’y avait pas d’eau ni de sanitaires. On allait à tour de rôle chercher l’eau à la fontaine, les enfants râlaient mais en gardent de bons souvenirs. Ils ont décidé ensuite d’habiter d’une manière permanente à la campagne et ont trouvé une maison à Montricher. Janine était heureuse, elle pouvait s’occuper de son jardin et ainsi retrouver sa passion de jeunesse. En plus, dans le corridor, ils avaient installé une petite librairie.

Première épicerie

Pierre Roemer n’était pas carriériste, et quand l’occasion s’est présentée, il a quitté son travail pour ouvrir une première épicerie à Montricher. Il aime les défis, car il a donné sa démission avant même d’être sûr qu’ils obtiendraient les crédits nécessaires et les locaux convoités.

Seconde épicerie

Six mois plus tard, une épicerie est à remettre à Romainmôtier et ils n’hésitent presque pas... Madame s’occupe de celle de Romainmôtier et monsieur de celle de Montricher. Quelques années plus tard, elle crée au premier étage une librairie, «le Pied-du-Jura». Toujours intéressée par le métiers de la terre, elle se spécialise dans ce domaine. Elle organise des expositions thématiques, crée elle-même son catalogue (sans ordinateur) et obtient une certaine réputation. Elle a arrêté à 70 ans, en 2001, car elle ne voulait pas se mettre à l’informatique. Ils travaillaient six jours sur sept et le dimanche Pierre s’occupait de la comptabilité et de la gestion des stocks.

Actifs également dans des associations, ils ont fait partie de l’ARAVOH, Pierre Roemer a été président de l’AVIVO et actuellement, il passe encore cinq fois par semaine dans le locaux de l’Evam (Etablissement vaudois d’accueil des migrants) à la rue Sainte-Claire. Ils ont onze petits-enfants et deux arrière-petits-enfants, «pour le moment» précisent-ils.

Photo Natacha Mahaim