Jean-François Tosetti

Montcherand: Jean-François Tosetti prend sa retraite

Jean-François Tosetti

Jean-François Tosetti

«A Montcherand, beaucoup de gens me connaissent, mais je ne crois pas que grand monde sache exactement quelle est mon activité professionnelle. Je pars le matin quand le paysan est déjà dans ses champs, et souvent le soir je rentre tard alors qu’il va se coucher». C’est en ces termes que s’exprime Jean-François Tosetti, membre de la direction du Centre patronal vaudois et résident de Montcherand depuis très longtemps.

L’Omnibus a eu l’occasion de rencontrer celui qui préside plusieurs sociétés ou associations locales ou régionales, car il est sur le point de prendre sa retraite après plus de 40 années passées au service des entrepreneurs, des professionnels et des artisans du canton. Licencié en sciences économiques de l’Université de Lausanne en 1972, Jean-François Tosetti a rejoint la même année les Groupements patronaux vaudois. Et chose assez rare pour être notée, il n’a jamais changé d’employeur, puisqu’il quittera le Centre patronal le 30 juin 2012.

Il semble qu’en entrant comme en religion dans cette activité de service aux professions les plus diverses du canton, Jean-François Tosetti ait véritablement trouvé la voie qui lui convenait. Pour lui, le contact humain est très important, sans doute plus encore que les «business plans» ou les montagnes de chiffres impersonnels. Pour cet Urbigène de naissance, la place de l’humain dans l’entreprise est centrale. Il conçoit son action au sein d’un système libéral véritable, celui qui précisément prône les valeurs de liberté et de responsabilité et tient comme inaliénables les droits fondamentaux de l’être humain dans ce système qu’est justement le droit à la liberté et à la propriété.

Un quart de siècle au service des associations

De 1972 à 1996, Jean-François Tosetti, en qualité de secrétaire patronal, s’est occupé avant tout de multiples associations professionnelles. Il se souvient d’un de ses premiers rendez-vous professionnels dans la Broye pour s’occuper des bouchers: il avait été fixé le dimanche à 9 heures du matin, «car à l’époque il n’était pas question de fermer un commerce un samedi, ne serait-ce qu’un moment». A l’époque, les Groupements patronaux vaudois employaient déjà 98 personnes (contre plus de 250 aujourd’hui). Et le nombre de mandats était déjà très important. Ce groupement, dès l’origine, n’a pas été conçu comme un simple syndicat patronal défendant des intérêts bien déterminés.

Au contraire, il s’agissait véritablement d’une interface dotée de capacités internes diversifiées permettant aux professionnels d’une branche donnée de se regrouper et de traiter ou faire traiter certaines problématiques pour le profit de l’ensemble des membres. Parmi les professions que Jean-François Tosetti a bien connues, on compte aussi bien les confiseurs que l’hôtellerie-restauration, les ramoneurs, les garagistes, les mécaniciens ou les électriciens-autos, les marchands de cycle, les transporteurs routiers, etc. Si beaucoup de choses ont changé durant les 40 dernières années, les problèmes de base subsistent selon Jean-François Tosetti. Parfois même, ils sont amplifiés. On pense en particulier à tout le domaine du perfectionnement professionnel, à celui de la formation, à la lourdeur de l’administration pour une petite PME.

Le département des associations s’occupait à l’époque (et continue de le faire) du secrétariat du groupement professionnel et de la tenue des assemblées, mais ceci ne représente qu’une très petite partie des tâches d’un secrétaire patronal. Il est très souvent amené, grâce à ses connaissances d’une branche particulière, à aider à résoudre certains types de problèmes particuliers. Jean-François Tosetti cite en exemple celui des ramoneurs. «A un moment donné s’est posée la question du contrôle officiel des émanations des cheminées par rapport à des normes environnementales nouvelles. Or qui mieux que les ramoneurs avaient accès aux cheminées et surtout connaissaient leur existence?

C’est ainsi que leur profession, avec l’aide du Centre patronal, a suggéré au canton de déléguer cette compétence de contrôle. En échange de cette responsabilité officielle nouvelle, les ramoneurs ont dû organiser des cours de perfectionnement pour leurs membres. Et au milieu de tout ça, le Centre patronal est intervenu pour faciliter la mise sur pied de la nouvelle organisation.» Les exemples sont multiples dans lesquels ce type d’interventions a eu lieu.

Plus de 15 ans à la direction

Jean-François Tosetti de poursuivre: «Je dis souvent aux jeunes secrétaires patronaux qui entrent au service du Centre que leur tâche n’est pas limitée : ils doivent penser à tout, y compris aux nappes sur les tables lors de certaines circonstances. C’est un métier qui ne s’apprend que sur le tas, mais qui réserve de très bons moments. J’aime à dire que j’ai été un « mécanicien en mécanique sociale». Dans la seconde période de mon activité professionnelle, j’ai siégé dans nombre de comités et d’associations professionnelles et exercé une activité de management au Centre patronal. Un Centre qui grandit et dont le nombre de mandats ne cesse d’augmenter.

Il existe actuellement quantité d’organisations de promotion ou d’aide au développement d’entreprises. Je pense en particulier aux Coopératives de cautionnement, au sein du conseil desquelles j’ai siégé et qui, même si elles ont une dénomination un peu désuète, sont des relais particulièrement importants et modernes pour l’octroi de crédits bancaires. Dans le canton de Vaud, sans elles, nombre d’artisans ou de professionnels n’auraient pas pu ouvrir un commerce, l’agrandir, le racheter ou compléter son offre. C’est un volet souvent mal connu, mais qui aide aussi les start-up qui se trouvent dans le parc de l’EPFL, par exemple.

A l’heure prochaine de prendre sa retraite, on n’a pas franchement de souci à se faire pour l’emploi du temps de Jean-François Tosetti. Il va conserver certains mandats et en développer d’autres, en particulier celui qu’il exerce depuis 2011 comme trésorier au sein du Comité de la Société des Amis du Château de La Sarraz. De grands projets sont en gestation concernant le Château. Mais qui dit projets dit finances, et dans cette optique, pas de doute que la présence de Jean-François Tosetti sera d’un grand secours. On ne sait donc pas si on peut lui souhaiter une bonne retraite, tellement son emploi du temps dès juillet sera chargé.

Photo Olivier Gfeller