Joachim Maire sur un stand d'information

Joachim Maire : l’ange qui dérange

Joachim Maire sur un stand d'information

Joachim Maire sur un stand d'information

Nominé au Prix Courage 2010

Il habite Vallorbe. Il a fondé l’association Les Anges de la Route. Il est le seul nominé romand sur sept candidats pour l’édition 2010 du prix Courage, organisé depuis 1997 par le Beobachter, le magazine bimensuel zurichois du groupe Springer.

Et cette médiatisation lui a valu récemment des critiques acerbes dans la presse quotidienne de la part d’une famille à qui, il est vrai, il a enlevé un être au cours d’un accident de circulation il y a plus de sept ans pour lequel il a chèrement payé, puisqu’il a connu de près le pénitencier de Bellechasse. L’Omnibus a donc voulu faire le point avec Joachim Maire, que ce soit sur son action ou sur la manière dont il ressent ces polémiques.

Une polémique continuelle qui le blesse

«Je suis bien sûr meurtri par ces polémiques, mais aussi et à vie par ce que j’ai fait» déclare Joachim Maire, qui rappelle cependant que ce sont des groupements suisses-alémaniques engagés dans la prévention routière qui l’ont proposé comme nominé au prix Courage dont la proclamation aura lieu dans quelques jours et qui ont de fait provoqué cette médiatisation.

«De toute façon, à supposer que le jury du public ou celui de la rédaction me choisisse, le montant du prix ira intégralement dans la caisse de l’association qui en a bien besoin. Car ce combat n’est plus seulement le mien mais celui de tous les bénévoles de l’association que j’ai créée fin 2009». Et pour clore ce chapitre, Joachim Maire rappelle que «certes il a fauté, mais qu’une fois sa dette à la société payée, il ne doit pas rester un délinquant condamné à vie à se taire».

Une action bien réelle

Depuis octobre 2009, le temps de présence sur les stands des membres de l’association a dépassé les 900 heures. Au point qu’actuellement, l’association doit refuser des interventions pour lesquelles on la sollicite. Après une semaine entière passée pour la rentrée scolaire dans un grand centre commercial d’Yverdon-les-Bains, on verra le stand des Anges de la Route début septembre à Valexpo, le comptoir vallorbier au cours duquel ils seront notamment associés à l’opération Fil Rouge (Nez rouge local) voulue par le président Serge Audemars.

Mais pendant que certains seront à Vallorbe, d’autres officieront à Genève, et plus tard en Valais, à Fribourg et même en Arles, lors de la journée des pompiers des Bouches du Rhône en octobre. C’est dire si finalement les activités de l’association sont reconnues et appréciées.

Elles ont le soutien moral des corps de police cantonaux romands, d’un certain nombre de magistrats de l’ordre judiciaire et d’une façon générale de tout ce que le canton de Vaud et singulièrement le Jura Nord vaudois comptent d’organismes touchant aux domaines de la prévention.

Un profil et des messages qui dérangent

Paradoxalement, l’association les Anges de la Route et son président ne bénéficient d’aucun soutien officiel ou privé sinon celui de ses membres et de donateurs particuliers. Il faut dire que le bonhomme dérange. Son profil n’est pas lisse au sens helvétique du terme, son message est rugueux et parfois choquant, comme lorsqu’il montre les résultats des accidents dans des clips assez durs diffusés sur les stands.

Il ne tient pas un discours qui plaît aux défenseurs de l’automobile comme l’ACS ou le TCS, aux écoles de conduite ou à l‘administration «qui n’a prévu que huit heures de sensibilisation pour le permis de conduire». Et même les assureurs, qui pourraient pourtant voir dans les actions de l’association une avancée certaine dans la prévention, détournent pudiquement le regard.

Reste donc à espérer qu’à part les donateurs particuliers, quelqu’un aura le courage, c’est le titre du prix pour lequel Joachim Maire est nominé, de soutenir une action utile et bien faite.

Site internet de l’association : www.lesangesdelaroute.com
CCP Association Les Anges de la Route : 10-236120-1
Prix Courage 2010: vote par tél. au 0901 595 584 (70 ct. l’appel).

Photo Olivier Gfeller


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