Gérald Lenoir.

Gérald Lenoir: «Je m’arrête»

Gérald Lenoir.

Gérald Lenoir.

Gérald est une figure de ce coin du Pays de Vaud, mais pas seulement, car il n’a pas oublié ses racines ormonanes. Un Pays-d’Enhaut dans lequel il retourne de temps en temps pour voir les cousins ou les connaissances puisqu’il a le don d’aborder quiconque pour s’en faire un «pote». Car qui ne connaît pas l’assureur de la Vaudoise. Sa bonhommie comme ses frasques l’ont rendu célèbre. Malgré cette vie débridée et très active, cela ne l’a pas empêché d’être un conseiller en assurances hors pair. «A peine avait-il commencé de travailler pour notre compagnie (1969) qu’il figurait en tête des meilleurs agents sur le plan national, deux ans plus tard. Un classement dans lequel il a souvent figuré au Top-10 au point d’être un ténor de notre société. Ses clients s’assuraient plus auprès de Gérald que de la Vaudoise», nous dit son ancien patron Bernard Randin. En effet à 74 ans, le citoyen de Chavornay a décidé de mettre définitivement un terme à son activité professionnelle.

44 ans de service

«Je n’avais jamais imaginé m’épanouir dans ce métier. J’étais monteur aux Câbleries de Cossonay et oeuvrais souvent sur les barrages valaisans avant de bifurquer complètement. Il est vrai que mon vaste réseau de copains m’a donné une certaine aisance dans le contact. A 65 ans, j’ai eu un peu peur de l’inactivité. C’est pourquoi j’ai proposé de poursuivre mon travail. Pourtant, la modernisation des méthodes de travail ont eu raison de mon enthousiasme, moi qui n’ai jamais utilisé un ordinateur de ma vie!», ajoute Gérald. Les souvenirs de ces quarante-quatre années demeurent très vivaces. Notamment lorsqu’il se rappelle qu’il était resté parmi les meilleurs vendeurs alors qu’il faisait ses visites en vélomoteur car privé de son «bleu» pendant huit mois!

Virée en solitaire

Désormais, il se contentera de petites tournées matinales jurassiennes, entre Nyon et La Chaux-de-Fonds, en faisant un crochet en France voisine jusqu’à Besançon. Seul au volant de sa voiture, il se balade tout en rencontrant quelques amis, à gauche ou à droite. La télévision lui prend une partie de son temps. Cela va du documentaire aux reportages sportifs. Lui qui fut un excellent footballeur ne va plus voir de match car il estime que le niveau de jeu a nettement baissé et déplore l’attitude de certains spectateurs sur le bord des terrains.

Merci Monique

Il n’aimerait pas terminer ce chapitre sans remercier sa femme Monique qui a fait preuve de beaucoup de patience et d’indulgence à son égard. Pour illustrer le propos, il s’est souvenu d’une des anecdotes qui peuplent en nombre sa vie de bon vivant. « Une fin d’après-midi alors que je venais de faire signer un contrat juteux, un ami m’a rejoint par hasard à la Croix d’Or à Orbe. Lui racontant mon affaire, il me suggère d’aller fêter cela à Paris. Il était 17 heures, 6 heures plus tard nous étions à Paname par TGV. Avec une nuit de folie à la clef. A 6 heures du matin alors que Paris s’éveillait, nous sommes retournés chez nous en train. Arrivé à Chavornay, mon épouse m’accueillit fraîchement. «D’où viens-tu? me dit-elle. «De Paris» lui répondis-je! «Vas te coucher, grand menteur», ajouta-t-elle. Et croyez-moi je ne me suis pas fait prier pour aller me refaire une santé!».

Photo Pierre Mercier