Madame et son syndic

Bretonnières: départ du syndic

Madame et son syndic

Madame et son syndic


25 ans au service de la commune

A 59 ans, François Berthoud a décidé de mettre un terme à son mandat. Municipal depuis vingt-cinq ans et syndic à partir de 1994, il estime qu’il est l’heure de passer la main. Non pas qu’il soit las de son activité, mais il estime qu’à un certain moment, il faut laisser à d’autres le soin de conduire sa commune. Pendant de très nombreuses années, il a pu compter sur l’appui de Claude Regard, qui fut un secrétaire communal hors pair. La succession de ce dernier ne fut pas facile, mais les choses ont pu être rétablies grâce à l’appui de la commune d’Orbe et de l’une de ses secrétaires, Mme Tauxe. Cependant, il estime que son approche relativement lacunaire de l’informatique et quelques problèmes de santé le contraignent à remettre son mandat.

Gare et bistrot sauvés

S’il jette un coup d’œil dans le rétroviseur, le syndic de Bretonnières pense avoir bien accompli sa tâche. Il a fallu sauver la halte CFF du village en réhabilitant le passage sous voies ;  il a été nécessaire de réaménager la maison de commune ainsi que le café avec l’aide d’un gérant de qualité. De nouvelles maisons ont été construites bien malgré le fait que le plan cantonal d’aménagement limite le développement des petites communes. Un Plan Général d’Affectation (PGA) sur lequel la Municipalité planche encore pour tenter de convaincre des propriétaires terriens de céder un peu de terrain pour la construction. Un point noir à relever, la fermeture de l’école.

La facture sociale

Financièrement, Bretonnières se porte bien. En partie grâce à la manne de la gravière, les Caque-lentilles avaient un point d’impôt à 50, qu’il a fallu augmenter avec le temps et qui est monté à 66. Il faut dire que la contribution à l’aide sociale (Fr. 200’000.– à un certain moment), plombait un peu les comptes. Avec un budget de 1,2 millions, le village ne peut pas avoir des ambitions démesurées. Et les municipaux s’imposent des travaux que leurs collègues des localités plus grandes n’ont pas. Ainsi, François Berthoud s’occupe depuis longtemps en dehors de ses fonctions de syndic de l’entretien du cimetière qui avait été laissé un peu à l’abandon au milieu des années 80.

Des fleurs pour Madame

Si le conseil général de l’époque était conduit de manière quasi dictatoriale par Georges Chappuis, ce législatif est devenu plus démocratique et ressemble aujourd’hui au bureau des réclamations (vitesse, conflits de voisinage, etc). Au point que l’épouse du syndic Yvette, regrette l’époque où tout se réglait à la cuisine de la ferme. Mais la nouvelle population peine à s’intégrer et la vie sociale du village en souffre un peu. Madame craint forcément que la retraite du chef ne sera pas simple à gérer après tant d’années passées au service du village. Quand bien même elle pense que son mari jardinera plus qu’avant, puisqu’il adore les fleurs. Donc, ce retour à la normale se transformera en rose pour celle qui l’a soutenu pendant un quart de siècle.

Photo Pierre Mercier