Julia Maillefer

Ballaigues: soigner le trac du musicien

Julia Maillefer

Julia Maillefer

Julia Maillefer vient de Ballaigues, son patronyme l’indique. Elle a effectué toutes ses classes à Vallorbe, puis au gymnase d’Yverdon-les-Bains, avant de se diriger vers l’Université de Lausanne où elle a suivi le cursus pour obtenir un Master en psychologie. Un domaine qui lui a toujours paru important, elle qui s’intéresse aussi bien au fonctionnement psychologique de l’être humain qu’à son pendant physiologique.

Au sortir de sa formation académique, elle a effectué quelques années de recherche, au cours desquelles la question du «trac du musicien» a occupé une place centrale. Une question qui la préoccupait aussi à titre personnel, puisqu’elle pratique la musique depuis son plus jeune âge, d’abord classique et depuis quelques années dans un groupe plus jazzy. Pour parfaire ses connaissances dans ce domaine, elle s’est ensuite tournée vers une formation spécifique en France, pays dans lequel existent des structures entièrement dédiées à la santé des artistes, comme la Clinique du musicien, et de la performance musicale à Paris.

C’est dans ce contexte interdisciplinaire que Julia Maillefer a complété sa formation dans le domaine spécifique de l’assistance aux artistes, aux musiciens en particulier. Revenue en terre romande au CHUV, elle y a exercé sa pratique générale de psychothérapeute, ceci pendant plusieurs années avant d’ouvrir son propre cabinet de psychothérapie.

Des méthodes spécifiques

C’est par la mise en oeuvre de thérapies cognitivo-comportementales que Julia Maillefer peut aider le musicien qui doit souvent gérer, en plus d’un trac fréquent proche de l’anxiété, un stress dû à la profession. Horaires, voyages, pression constante pour réaliser une performance de qualité, vie de famille souvent lacunaire, précarité professionnelle, etc. sont autant de facteurs générateurs qu’il convient de maîtriser. Si certains y parviennent, d’autres, notamment parmi les plus jeunes et aussi parmi les élèves des conservatoires, subissent des blocages psychologiques qui les empêchent de développer au mieux les facettes de leur talent et du travail qu’ils accomplissent.

Les thérapies utilisées reposent sur la préparation d’une sorte de bilan personnel et la mise en œuvre consécutive de «travaux à domicile» que les patients doivent effectuer de façon graduelle pour parvenir à retrouver une certaine sérénité. Les émotions et leur gestion, les pensées et leur ajustement et le comportement personnel et ses correctifs sont au coeur de ces techniques. Les résultats sont très encourageants, même si cette discipline spécifique aux musiciens reste encore très peu connue et très peu pratiquée en Suisse. «Il existe une sorte de courbe du trac, explique Julia Maillefer.

L’idéal est de parvenir à un optimum de trac, ni trop ni trop peu, pour que ce dernier ait encore un effet positif sur la performance.» Sa spécialité est proche de la psychothérapie sportive, sinon que dans cette dernière discipline, les manifestations physiologiques du trac disparaissent plus facilement avec l’exercice physique pratiqué. Chez le musicien d’orchestre assis sur sa chaise, la dépense physique est en effet moindre.

Étonnante et passionnante spécialisation professionnelle pour cette jeune femme de Ballaigues qui avoue, lorsqu’elle pratique la musique «avoir en principe encore un bon trac!».

Photo Olivier Gfeller