Arnex: une excellente cuvée 2011 mise en bouteilles

«Quand le vin est tiré, il faut le boire»… dit le proverbe. Mais justement, avant de le déguster, il faut le mettre en bouteilles. C’est ce à quoi se sont attelées Maryline Lavenex et son équipe à Arnex, en milieu de semaine passée.

«On attend bien sûr que le vin soit prêt, mais cette année, nous avons un peu d’avance, car les vendanges ont eu lieu tôt et le vin est prêt depuis quelque temps déjà. Il est donc nécessaire de s’occuper des blancs et du rosé, qui reposeront mieux en bouteilles que dans leurs cuves» explique la vigneronne qui ajoute que «pour ce qui est des rouges, je les mets en bouteilles plutôt en début d’automne, je préfère qu’ils mûrissent en cuves».

Un système mobile ingénieux et pratique

Pour cette opération, qui prend entre une et deux journées de travail, c’est une petite chaîne mobile d’embouteillage de l’entreprise Oenologie à la façon de Perroy qui est mise à contribution. Il s’agit en gros d’un système qui repose sur des remorques, avec à l’une des extrémités de la chaîne, une ou deux personnes qui alimentent le système en bouteilles vides, une première partie qui relave les bouteilles et une seconde partie qui procède à la fois au remplissage des précieux flacons et à leur bouchonnage ou capsulage, selon la variété. A l’autre extrémité de la chaîne, une ou deux personnes rangent avec application les bouteilles dans des containers grillagés.

«En raison de difficultés rencontrées dans le passé avec certains bouchons, nous n’utilisons plus que des séries spécialement fabriquées et dont on peut être sûr qu’elles ne contamineront pas le précieux liquide. Le reste est capsulé.» L’opération d’étiquetage est effectuée séparément et à un autre moment. Elle permet entre autres de contrôler l’efficacité du flaconnage après quelques semaines et d’éliminer les quelques bouteilles qui pourraient avoir un défaut d’étanchéité.

De flacon en flacon

L’ensemble du système permet de remplir et de capsuler entre 2000 et 2200 bouteilles par heure. Et sa mise en place prend une demi-journée environ. Les vignerons d’Arnex et des villages avoisinants sont nombreux à choisir cette solution, qui a l’avantage de ne pas immobiliser un gros capital pour une machinerie délicate et qui n’est utilisée qu’une ou deux fois par année. D’après José Tojeiro, le chef machiniste, «il est préférable que ce genre de machines fonctionnent beaucoup, plutôt qu’elles dorment dans le coin d’une cave: elles se dérèglent ainsi nettement moins».

Même si normalement le choix des jours d’embouteillage porte plutôt sur ceux qui offriront une météo médiocre, Maryline Lavenex a préféré cette année prendre un peu d’avance, d’autant qu’elle doit assurer la semaine prochaine une présence au Comptoir du Nord vaudois à Yverdon-les-Bains: «Un moment essentiel aussi dans ma conception de la production viticole, ajoute-t-elle, car je veux être présente d’un bout à l’autre de la chaîne des opérations, en particulier face au client».

Photo Olivier Gfeller