Plaine de l'Orbe

Projet pilote «Contributions à la qualité du paysage»

Plaine de l'Orbe

Plaine de l'Orbe

Ou quand l’agriculteur devient chasseur de primes pour vivre décemment!

Dans sa politique agricole 2014-2017, la Confédération a décidé de prendre en considération le rôle effectif de l’agriculture sur le paysage, en prévoyant des contributions dites à la qualité du paysage. Quatre projets pilotes ont été conduits en Suisse dont un dans la plaine de l’Orbe.

Le rapport du comité de pilotage (Copil) a paru le 16 avril et les agriculteurs concernés ont reçu les informations. Le périmètre du projet mesure 4’429 hectares, avec une prédominance agricole (3’460 hectares de Surfaces Agricoles Utiles) et une majorité de grandes cultures.

Le périmètre du projet touche les communes de Agiez, Arnex-sur-Orbe, Bavois, Bofflens, Chavornay, Croy, Orny, Orbe, Pompaples.

Alternatives

Les résultats du Copil montrent certains aspects ou tendances vers lesquels l’agriculture devrait pencher ces prochaines années.
- Mise en place d’une rotation à cinq, six ou sept cultures. Cette mesure devrait freiner l’augmentation de la grandeur des parcelles. L’effet contraire des remaniements qui ont coûté si cher ces dernières 50 années aux paysans. Ce qui revient à dire que plus l’agriculteur aura de cultures, plus il recevra de paiements directs (PD).
- Couverts végétaux fleuris en interculture. Pour recevoir des PD, l’agriculteur doit s’engager à semer un couvert végétal fleuri sur un minimum d’un hectare. Cette mesure devrait favoriser un paysage coloré et varié tout au long de l’année…
- Cultures colorées: l’exploitant insère dans sa rotation culturale une culture colorée peu présente dans la région. Cette mesure doit encourager une diversité paysagère. (On parle de culture colorée pour du lin, mais qui a déjà vu la fleur de soja?)
- Le Copil souhaite le maintien et le renforcement de plantes jalons dans le vignoble, le maintien et le renforcement d’arbres isolés, (mais sait-on comme il est compliqué de faucher autour d’un arbre?).
- Bordures fleuries et placettes paysagères: il est souhaité que l’exploitant mette en place une bordure fleurie de 3 mètres sur ses parcelles situées aux abords des chemins de mobilité douce. Ou qu’il mette à disposition une surface, en l’aménageant avec un banc et en l’entretenant. Actuellement, l’agriculteur ramasse déjà dans ses champs des quantités de détritus que les promeneurs ou les passagers des voitures y laissent.

Contributions

Si l’agriculteur prend telle ou telle mesure il recevra des contributions comme dédommagement, il va devenir un manager de primes. Le Copil a fait faire un dessin à Mibé illustrant le paysage de rêve du futur. Cela correspond à un retour en arrière de 50 ans. Mais où sont les aides effectives aux agriculteurs? On a voulu bannir les arbres à hautes tiges parce que nombre d’agriculteurs sont devenus paraplégiques ou ont des problèmes graves suite à une chute d’échelle. Les remaniements parcellaires ont amené de la facilité aux paysans puisqu’ils pouvaient avoir de plus grandes surfaces et ainsi plus de rendement. On demande aux agriculteurs toujours plus de rendement, avec de moins en moins de terre.

Et avec ce nouveau projet arrivera-t- on toujours à nourrir les habitants un jour sur deux comme actuellement ou faudra-t-il aller cultiver ailleurs? Le peuple paysan n’est pas content, mais il sera bien obligé de passer par là, même s’il sait que la manne de la Confédération ira pour une grande partie aux projeteurs qui sont assis derrière leurs bureaux.

L’agriculteur devra s’y plier et faire un calcul de ce qui lui rapportera le plus dans son domaine pour avoir suffisamment à ajouter au salaire de sa femme qui va travailler en ville, afin de vivre décemment.

Photo Marianne Kurth