Un train de vies

De tout temps, j’ai considéré que les gares et les trains étaient sources d’inspiration. Curiosité, observation et imagination stimulent l’esprit lors d’un voyage à travers le pays.

Au départ de bon matin, les doutes d’un couple de retraités sur le quai et l’horaire comme la présence pacifique de personnages de couleur vous mettent dans l’ambiance. Dans le compartiment, des fêtards piquent un sommeil comme ceux qui se sont levés si tôt. Un voyageur sans billet dévoile ses raisons et son identité à un contrôleur bienveillant. Plus tard, les petites manies poussent à la réflexion.

Comme cette frêle jeune fille qui déballe un petit déj fait de nombreuses tartines étranges et d’un thermos de thé qu’elle visse avec fermeté avant d’avoir quelques difficultés à l’ouvrir à nouveau. Le jeune étranger du bar ambulant fait le bonheur de ceux qui n’ont pas eu le temps de boire leur café avant le départ. Au compartiment voisin, un maladroit renverse son breuvage sur le pantalon de son vis-à-vis bien mis qui se rend à son travail où il doit paraître. Nombreux sont ceux qui débarquent à Zürich Aéroport tandis que d’autres montent, fourbus à la suite d’un probable long voyage.

Au retour, on est frappé par le nombre de voyageurs qui sont allés faire de la marche à la campagne. En groupes souvent, en familles ou avec des copines, pour la plupart des personnes âgées qui ont profité de ce dimanche ensoleillé. On observe des mères ou des pères voyageant avec leurs enfants. Mais où est donc l’autre parent ? Les recrues qui retournent en caserne mettent une certaine ambiance dans le wagon.

Des parents font un dernier signe à leur fille qui file vers d’autres horizons et qui s’endort à l’heure de changer de train : petit drame en perspective ? Oui, le train est une mélodie d’histoires humaines diverses qui vous révèlent la vie dans tous ses états. Sans musique ni parole!