Roitelets et religion



Lors de son passage à Orbe, l’humoriste Pie Tshibanda avait exposé les aléas de son pays natal, le Congo où les rivalités ethniques sont bien présentes et la démocratie artificielle. Nous en avons un nouvel exemple avec ce qui se passe au Sénégal.

La Cour Constitutionnelle nationale a décidé de permettre au président sortant, Abdoulaye Wade, de se présenter pour une troisième législature alors que la constitution nationale n’autorise que deux mandats au maximum. Malgré tout, ce vieil homme de 85 ans entend rester au pouvoir comme c’est le cas de nombreux de ses congénères sur le sol africain. Une décision qui a provoqué des heurts. De sorte que la police a procédé à de nombreuses arrestations d’opposants au régime.

Un feu attisé par le refus d’autoriser le chanteur Youssou N’Dour de se présenter à cette élection pour des motifs peu clairs. La démocratie a encore du chemin à parcourir sur le continent noir où les dirigeants privilégient leurs intérêts personnels bien plus que l’intérêt national.

Avec pour conséquence qu’un renversement du pouvoir par la force est l’un des seuls moyens de mettre un terme à l’hégémonie de ces roitelets. De nombreux exemples sont venus confirmer cette thèse que cela soit en Tunisie, en Egypte ou au Yémen.
La révolte se poursuit dans d’autres nations africaines comme au Proche-Orient. La Syrie commence à ressembler à l’histoire lybienne. Du côté de Damas, le pouvoir se passait de père en fils. Comme ailleurs, les abus ont fini par lasser le peuple qui n’hésite pas à descendre dans la rue. Au prix de leur vie souvent pour dire non au régime de Bachar El Hassad qui n’a guère à craindre des élections. Le malheur veut que l’opposition n’est pas vraiment organisée car brimée par le pouvoir en place.

D’où les lenteurs de mise en place de nouveaux gouvernements et l’émergence de partis issus de l’islam. Avec comme probable conséquence une révolution inachevée et de nouvelles instabilités. La démocratie est une affaire de longue haleine et on peut craindre que ces pays en révolte ne soient pas encore prêts à se stabiliser.