Responsabilité mortelle

L’assassinat de Marie relance le débat en matière judiciaire. Elle démontre la fragilité du système dans la mesure où une personne seule peut libérer ou pas un individu qui subit une longue peine après avoir effectué les 2/3 de celle-ci. En la circonstance, on n’a pas tenu compte de l’avis de l’office de probation qui avait souhaité que le criminel retourne en prison puisqu’il ne respectait pas les règles de sa libération conditionnelle.

Je m’étonne de la discrétion de l’avocate du meurtrier qui a obtenu cette sortie de prison. J’ai du reste les plus grands doutes quant à l’honnêteté de quelques membres du barreau, qui n’ont aucun scrupule au même titre que leurs clients, s’appuyant sur une loi qui protège trop les voyous. Quitte à mettre la population en danger, ne se souciant que de leur propre réputation qu’ils pensent grandie lorsqu’ils obtiennent gain de cause.

A l’époque, lorsqu’il s’agissait d’accorder une sortie conditionnelle du pénitencier, une douzaine de personnes, représentant les différents corps de métier impliqués, décidaient du sort du prisonnier. Mettre entre les mains de la seule juge d’application des peines, la décision de la levée d’écrou pour des condamnés souvent affabulateurs, ne s’avère pas être la solution. Ce n’est pas que l’on puisse dire que les deux personnes impliquées sont incompétentes, mais sûrement trop éloignées du terrain, appliquant la loi à la lettre comme souvent le font les nouvelles générations, bardées de leurs diplômes et de certitudes en sortant de leurs études et éloignées de la réalité du terrain.

En marge de ce drame sordide, les déficiences du bracelet électronique sont également apparues. A l’heure où les prisons vaudoises regorgent de clients, Béatrice Métraux avait évoqué une utilisation plus conséquente de cet outil pour surveiller des prévenus et pour libérer des cellules. La conseillère d’Etat a fait machine arrière, du moins pour les individus dangereux. Il faut surtout qu’elle tire les leçons des erreurs de la procédure judiciaire et qu’elle prenne les mesures adéquates pour éviter la mort d’une autre Marie !