Repenser la sécurité

La police lausannoise vient d’enregistrer un nombre record de démissions durant le premier semestre de 2012. A l’heure d’évoquer les raisons de leur départ, les partants soulignent l’augmentation des heures de travail, le stress et la difficulté du job. Sans oublier les raisons pécuniaires bien sûr. Il n’est pas de doute que la tâche des policiers est devenue plus complexe.

La délinquance est toujours plus nombreuse et ne manque pas d’imagination pour se procurer le fruit de leurs mauvaises intentions. Pas étonnant dans une société qui laisse une partie des siens au chômage si ce n’est pas au bord de la route. D’autre part, les incivilités ne diminuent pas car une partie des jeunes ne respecte plus rien. Livrés à eux-mêmes car leurs parents travaillent et n’ont pas le temps de s’occuper vraiment de leurs enfants, ils ne mesurent pas les limites de la loi. Ils sont donc prêts à faire n’importe quoi sous l’autorité de chefs de bandes sans scrupule. D’autant plus que la justice est lente et peine à pénaliser, leur donnant le sentiment d’être intouchables.

Les autorités sont dépassées face à cette dérive toujours plus prononcée. Le problème de la sécurité est à revoir. Car on ne peut pas imaginer de confier à des sociétés privées le soin de nous protéger de la délinquance et de la violence, avec des agents peu formés pour calmer le jeu. C’est pourquoi il est nécessaire de réfléchir ensemble sur cette dérive de la société avant qu’elle ne soit complètement gangrenée.

Le sujet est d’importance et concerne autant la justice, les policiers que les politiciens. Il faut faire vite si l’on veut éviter que le sentiment d’insécurité gagne progressivement la population et rende notre quotidien déstabilisant.