Recentrage

Le canton de Neuchâtel renouvellera sans doute son Conseil d’Etat sans qu’aucune personnalité du début de la législature précédente, n’apparaisse dans la nouvelle équipe. Une configuration que tout exécutif redoute car il se donne pour mission de transmettre le pouvoir à des collègues expérimentés pour faciliter l’intégration des  nouveaux venus. Certes, ils n’étaient que deux à se représenter et ils ont payé les atermoiements d’un gouvernement qui a été ébranlé par plusieurs affaires et par des échecs lors de votations. La population ne voulait plus de ce gouvernement et a sanctionné sans pitié les rescapés de cette période délicate.

En dehors de ce fait particulier, le résultat de ce premier tour confirme ce que l’on a observé récemment en Valais ou au Tessin. Le PLR est en perte de vitesse. Il est sûr que les sièges perdus par le grand parti de droite ont souvent des explications propres, liées parfois à la personnalité des candidats mais pas seulement. Pour l’essentiel, c’est l’UDC qui en profite ou la Lega en Suisse italienne. Donc, on se tourne vers les extrêmes pour manifester sa désapprobation. Une espèce de réflexe que l’on a dénoté dans les années 30 lorsque le travail s’est mis à manquer et qu’il a fallu désigner des boucs émissaires. Aujourd’hui, nombre d’ Helvètes ne rêvent plus d’une Europe qui se déchire et contestent la présence toujours plus massive de frontaliers, épousant en cela les thèses de l’UDC qui préconise un repli sur soi mais qui a aussi su soulever des préoccupations des citoyens.

Ces derniers arguments démontrent à quel point certains partis n’ont pas trouvé les solutions pour faire face aux interrogations du peuple. En se rapprochant du parti de Christoph Blocher, le PLR s’est écarté du centre dans lequel il prétend se situer. Pourtant, la force de notre démocratie tient dans le fait qu’une bonne opposition est plus constructive que les dérives extrémistes. Il est donc urgent que ce parti de droite resitue son combat face à des socialistes qui bénéficient mieux de la conjoncture. Le monde change à la vitesse grand V. La Suisse aussi est bousculée et nos politiciens doivent se remettre rapidement en question afin d’éviter de favoriser des idéologies extrémistes.