Place aux économistes



L’Europe est toujours chahutée par les dettes de certaines nations. On tremble à l’idée de voir un membre tomber en faillite. Si bien que l’on a contraint la Grèce et l’Italie à changer de meneur de jeu. Le mécanisme est assez particulier, puisque la contrainte est venue de l’extérieur et qu’il a fallu obéir pour éviter l’implosion.

En l’occurrence, l’Allemagne pèse de tout son poids dans la négociation, car elle possède l’économie la plus solide en ces temps difficiles. Silvio Berlusconi a donc dû rendre son mandat, mais l’homme n’entend pas vraiment abandonner la partie de peur d’être rattrapé par la justice.

A vouloir gouverner le pays à sa guise, avec ses excès, il a fini par exaspérer ses collègues européens. Au point que l’on a placé à la tête du gouvernement un technocrate, l’économiste Mario Monti, qui s’est fait connaître en tant que commissaire de l’Union Européenne.

Du côté de la Grèce, on est en droit de se poser des questions. Le peuple veut croire en son nouveau premier ministre, M. Papademos, précédemment en charge des finances nationales. Mais on attend avec inquiétude les mesures de restriction nécessaires. Il faut dire que le problème de la fiscalité est au centre du débat. Un Grec sur sept paie des impôts! Les plus riches d’entre eux, les armateurs, sont exonérés de taxes, comme l’église orthodoxe, dont on dit qu’elle bénéficie d’un patrimoine important. Le peuple réclame une certaine équité. Or, le nouveau chef du gouvernement appartient à l’une des trois familles qui dirigent le pays depuis des décennies. Aura-t-il le courage d’obliger ses pairs à contribuer au redressement financier du pays?

De son courage dépendra l’avenir des Hellènes, car le petit peuple n’a pas l’intention de payer seul les errements des gouvernements précédents