Pas totalement tort



L’affaire Hildebrand a fait les gros titres de ce début d’année. Le rapport du groupe d’experts Pwc a conclu qu’il n’y avait pas eu d’abus de la part du président de la Banque Nationale Suisse (BNS). N’empêche que Christoph Blocher n’a pas eu totalement tort de soulever le cas.

En effet, de par sa position professionnelle, Philipp Hildebrand était particulièrement au  courant du mouvement des devises lorsqu’il ne les influençait pas. Ainsi, au début septembre, la BNS a dévalué le cours du franc suisse face à l’euro, le ramenant à 1,20 frs alors qu’il était en train de flirter avec la parité. Cela pour rendre l’économie et l’industrie helvétiques plus compétitives sur les marchés internationaux. Par chance, lui comme sa femme ne sont, semble-t-il, pas intervenus sur ce marché, mais bien sur celui du dollar américain, qui n’a pas fait l’objet d’ajustement par la BNS.

Le Conseil Fédéral a soutenu Hildebrand. N’empêche que les règles internes de fonctionnement de la BNS sont trop laxistes. Elles n’empêchent pas son directoire de spéculer sur les devises. Le faire se rapproche dangereusement du délit d’initié et sur ce point, il faut absolument mettre un garde-fou, ce que la BNS semble prête à consentir.
Finalement, Philipp Hildebrand a démissionné après avoir perdu une partie de sa crédibilité dans cette affaire.

Il était pourtant considéré comme un brillant financier. Trop peut-être au point de tout se permettre comme certains traders, ne voyant plus les limites de leur rôle. Trahi semble-t-il par sa femme, qui vient du même milieu. Pour
Fr. 75 000.– alors que cet ancien champion de Suisse de natation est largement millionnaire.

Expérience faite, il est indispensable que les autorités politiques conservent la réserve qui s’impose vis-à-vis de leur personnel quel qu’il soit pour éviter ce genre d’accident.