Partager l’emploi

La délocalisation de Merck Serono jette près de 1 500 personnes à la rue à Genève comme dans le canton de Vaud. La mondialisation fait des dégâts considérables, et il faudra bien trouver le moyen de freiner le départ de firmes vers des pays où le coût de la main-d’œuvre est bien moins onéreux qu’ici.

Dans le cas de Serono on relèvera que cette entreprise a été vendue, il y a quatre ans, pour 16 milliards de francs (!) par la famille d’Ernesto Bertarelli, sans que ce dernier s’émeuve véritablement de cet abandon. On constate surtout qu’il n’avait pas pris de dispositions afin de maintenir l’emploi à Genève. Un manque de précautions qui ternit sérieusement l’admiration que l’on pouvait avoir pour le patron d’Alinghi.

Le chômage est devenu une préoccupation majeure en Europe. L’Espagne bat des records avec près de 25% de «sans emplois» dont la moitié des jeunes de 16 à 25 ans (52%). D’autres pays affichent des taux proches. Partout, on parle de créer de l’emploi, mais dans quel domaine peut-on encore imaginer qu’il y ait de grandes possibilités de réemployer tout ce monde? A dire vrai, on ne voit pas bien comment l’on va remédier à la crise, si ce n’est dans le partage de l’emploi.

L’idée n’a pas trouvé l’adhésion nécessaire, en France en particulier. Pourtant, cela ne paraît pas si saugrenu, même si cela nécessite de peaufiner le projet. A moins que l’on considère dans les plus hautes sphères que la situation est inéluctable.

En tous les cas, l’Europe de Bruxelles est plus préoccupée de pénaliser les pays qu’elle a endetté en leur prêtant trop d’argent, qu’à trouver des solutions intéressantes pour diminuer le chômage.