Les indignés

Des millions de personnes ont manifesté samedi dernier dans près de mille villes à travers les continents à propos des conditions de vie que les politiciens et le monde des affaires proposent pour demain.

Il y a un ras-le-bol toujours plus fort qui se dégage des populations. On ne veut plus d’une pratique qui favorise le capital au détriment de ceux qui gagnent laborieusement leur pain. C’est bien normal. Jusqu’à peu, chacun y trouvait son compte. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et la jeunesse a raison de s’insurger face à cette dérive. Elle est la première victime de ces options. Elle ne veut pas d’un retour au féodalisme qui voyait les seigneurs profiter des serfs. La comparaison est certes rude mais n’empêche que cela y ressemble un peu.

L’humanisme est en train de se dissiper, C’est du chacun pour soi et tant pis pour les autres. Cet égoïsme est détestable. Faut-il donc que la rue le dise haut et fort pour que les dirigeants en prennent enfin conscience? On en doute mais ces manifestations sont un avertissement clair. On ne veut plus de cette politique qui divise la société entre riches et pauvres. Il est temps que cela change. Sans quoi nous allons au-devant d’une crise sociale grave. On se souvient aussi que lors des siècles précédents, des situations similaires ont débouché sur des conflits importants.

En Suisse, on est encore dans l’acceptable. Jusqu’à quand? Chacun de se plaindre de l’augmentation de la charge sociale dans un pays parfois encore très généreux. Mais pourra-t-on encore longtemps soutenir les plus mal lotis?

On peut en douter et c’est la raison pour laquelle il est nécessaire de changer le cap. Afin que le fric ne soit pas le nerf de la vie mais que le respect de son prochain demeure un souci perpétuel.