L’erreur de la droite

Les électeurs ont donc choisi de donner la majorité à la gauche au Conseil d’Etat. Une espèce de continuation depuis novembre dernier puisque Béatrice Mettraux du parti écologiste avait pris la place de feu Jean-Claude Mermoud (UDC).

Il ne fallait pas être grand stratège pour deviner cette issue. D’abord parce Claude-Alain Voiblet n’avait terminé qu’à la huitième place lors du premier tour. Puis l’électorat traditionnel de droite avait fait passer ses trois candidats d’emblée d’où une mobilisation relative pour le second tour.

En plus, la candidature du membre de l’UDC ne faisait pas l’unanimité même dans son propre camp. Alors que la gauche avait l’occasion de prendre le pouvoir avec son trio de dames. En fait, la voie était grande ouverte au camp rose-vert à la suite de l’erreur stratégique de l’autre bord qui n’a pas tenu compte de l’avertissement du premier tour.

De ce fait, les femmes se retrouvent pour la première fois en majorité à la tête du canton. La tendance avait déjà été observée au niveau du Conseil fédéral, il y a quelques mois. Autre conséquence de cette prise de pouvoir de la gauche, la présidence du Conseil d’Etat pourrait échapper à Pascal Broulis.

En effet, Pierre-Yves Maillard est devenu la figure emblématique des Vaudois. L’homme est apprécié dans les deux camps et son accession à la tête du Conseil d’Etat serait logique. Ce d’autant plus que le Sainte-Crix s’est fait des ennemis en resserrant exagérément les cordons de la bourse cantonale. Il serait même souhaitable que l’ancien candidat au Conseil fédéral lui succède.

Car en prenant la tête de l’Exécutif, il deviendrait le garant d’une certaine cohésion du collège, qui ne serait pas évidente avec quatre conseillers de gauche et un président de droite.