Radko Mladic

Le TPI en question

 

Ratko Mladic

Ratko Mladic

Désormais, Karadzic et Mladic sont sous les verrous à La Haye. Pas de quoi réjouir les Serbes qui considèrent ces deux hommes comme des héros de la nation. Un avis qui n’est pas du tout partagé par le restant des habitants de Srebrenica et par l’Occident.

Ils sont notamment accusés de génocide. Le gouvernement de Belgrade a mis du temps avant de livrer les deux hommes au Tribunal Pénal International (TPI). Il l’a fait car aujourd’hui la Serbie a besoin d’adhérer à l’Union Européenne pour relancer son économie.

Cela dit, quelle est la crédibilité de ce tribunal qui est aujourd’hui contesté? Créé en 1993 à la suite des massacres qui se sont produits au Rwanda et en Yougoslavie, le conseil de sécurité de l’ONU a souhaité que les dirigeants qui violent la convention de Genève (dispositions en temps de guerre), qui commettent des génocides ou des crimes contre l’humanité, soient jugés. Donc, cette volonté de condamner les auteurs de ces horreurs est compréhensible. Mais est-on sûr qu’il n’y a pas de parti pris?

Les adversaires du TPI estiment que cette justice émane de la pensée occidentale et qu’elle est plus prompte à pénaliser des philosophies différentes. Prenons l’exemple de Guantanamo. Les Américains ont gardé pendant des années des prisonniers que l’on n’a pas encore jugé ou qui ont été finalement innocentés. Et qu’en est-il des droits de l’homme combattus par la violence en Chine ou du vieux dossier du génocide des Turcs à l’égard des Kurdes?

N’est-ce pas des abus que personne semble vouloir sanctionner même si la finalité n’est pas aussi cruelle?

Deux poids, deux mesures au TPI? C’est un sentiment que doivent partager bien des gens à travers ce monde.