La taxe Tobin



Plusieurs gouvernements européens se penchent sur l’introduction de la taxe Tobin. L’idée vient d’un professeur américain, James Tobin, qui avait reçu le Prix Nobel d’économie en 1972, et qui préconisait de prélever une taxe modeste (de 0,05 à 1%) sur les transactions financières et boursières.

A l’heure où les gouvernements occidentaux souffrent d’endettement, ceux-ci semblent prêts à freiner la spéculation à court terme, après avoir refusé longtemps l’introduction de cette contribution.

Du moment que l’endettement de certaines nations a atteint des sommets, la mise en place de cette taxe permettrait d’engranger des millions voire des milliards. A titre d’exemple, les transactions financières journalières se montent à 4,600 milliards d’euros dans le monde. En prélevant le 0,1% de ces mouvements, le rapport serait de 5,5 milliards de francs par jour !

Dans ces conditions, on peut aisément comprendre l’intérêt des gouvernements pour cette taxe. Cependant, ce prélèvement irrite les spéculateurs. La Suède avait introduit cette espèce d’impôt en 1984 sur la base de 0,5%. Cela provoqua une fuite extraordinaire des capitaux vers d’autres lieux au point que le gouvernement avait dû faire très vite machine arrière.

C’est la raison pour laquelle la France, qui a émis l’idée, cherche d’autres partenaires avant d’introduire la taxe. Car seul, le gouvernement de Sarkozy irait au-devant des mêmes désillusions que les Scandinaves.