La mesure de la démesure

On l’a peut-être un peu oubliée en ces temps de crise de la dette souveraine et les banquiers ne font surtout rien pour évoquer son souvenir. La crise dite des subprimes date de 2006-2007. Les folies bancaires de l’époque ont conduit les établissements bancaires à devoir comptabiliser des montants colossaux de pertes dans leurs bilans.

On évoque souvent entre 800 et 1’500 milliards de dollars, sans toutefois qu’un chiffre unique fasse l’unanimité. Incapables de sauver seules leur peau, les banques ont fait appel à l’Etat dans de nombreux pays. Le contribuable a donc passé à la caisse «dans l’intérêt supérieur de la Nation», ceci sans avoir le moindre droit au chapitre. Cette crise financière a conduit les pays occidentaux dans une crise économique majeure, amplifiée depuis par un troisième acte: la crise de la dette.

On ne sait trop si l’euro explosera après les élections prévues dimanche en Grèce. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’une explosion de l’euro coûterait bien plus cher que des actions de sauvegarde coordonnées. A côté de ce qu’un scénario du pire pourrait engendrer comme coûts globaux, l’enveloppe de sauvetage accordée ce week-end à l’Espagne pour soigner ses banques moribondes fait figure de pourboire de misère. Pourtant, 100 milliards d’euros, c’est une somme.

Elle représente par exemple plus de dix fois le coût du percement du tunnel de base bitube de 57 km au Gothard concocté dans le cadre des NLFA et qui sera mis en service en 2017. Or cette enveloppe ne servira sans doute à rien. L’Espagne en récession sauve ses banques, mais doit de l’argent à ces mêmes banques et se trouve incapable de les rembourser.

Un cercle vicieux dont il n’est possible de sortir qu’au prix d’un changement de politique rapide et efficace au niveau européen. Qui malheureusement semble très lointain.