Il faut que jeunesse se fasse

Les choses changent-elles dans le monde du samedi soir? Il y a deux ans, les bals de campagne défrayaient la chronique. Il ne s’en passait pas un sans que la police dût intervenir en force pour calmer les esprits frappeurs.

Au point que ces manifestations étaient désertées par une partie de leur clientèle. On leur préférait la vie nocturne du Flon à Lausanne. Avec l’inconvénient que les boîtes coûtent sensiblement plus cher qu’un bal de la jeunesse d’un village. Plus précisément qu’un karaoké, car c’est dans ce domaine que les sociétés se sont orientées. «Avec 70 francs, on s’amuse davantage dans nos campagnes qu’à Lausanne», ai-je entendu. D’abord, je me suis dit que ces garçons avaient conscience de la valeur de l’argent, ce qui est un bon point, du moment que l’on dit que les jeunes s’endettent à tour de bras.


C’est sûr que dans la foulée, s’amuser veut dire aussi boire et fumer. Sûr que ce n’est pas l’idéal pour la santé. Encore moins lorsque l’on conduit une voiture. Mais les jeunes empruntent souvent le taxi pour regagner leur domicile lorsque la coupe est pleine, ou rentrent avec un camarade qui n’a pas bu, ou font appel aux parents pour le retour. La baisse du nombre d’accidents graves au sortir de ces soirées atteste de leur bonne conscience.

En outre, ne vaut-il pas mieux qu’ils profitent de la vie pendant qu’ils sont jeunes et pas mariés. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils doivent trinquer jusqu’à l’effondrement, ou fumer jusqu’à être malades. Mais il est dit qu’il faut que jeunesse se fasse. Aujourd’hui comme hier.

Car plus tard, avec une famille à charge, il est (trop) tard pour prendre autant de libertés !