Foot romand à l’agonie

Personne n’est étonné de ce qui s’est passé à Neuchâtel. Les agissements du président Bulat Chagaev ne pouvaient continuer. A force de défier la Swiss Football League et d’intenter des procès à plusieurs médias, on sentait bien que le Tchéchène n’était plus en mesure de conduire son club à bon port. Avant Xamax, Lausanne et Servette ont subi le même sort, toujours avec des présidents étrangers à leur tête (les Français Kita et Roger).

On s’est souvent demandé pourquoi des gens éloignés du football suisse s’intéressent à nos équipes. Sans aucun doute pour des raisons économiques car il y a parfois moyen de gagner un peu d’argent par le biais de transferts à l’étranger de joueurs évoluant dans notre championnat.

A cet égard, Chagaev conteste le départ de l’attaquant Brown mais il était de notoriété publique que ce joueur appartenait à trois investisseurs suisses qui ont vendu le bonhomme à Sochaux sans que Xamax ne profite véritablement de cette transaction. Car désormais les clubs sont à la merci des managers de joueurs qui opèrent à leur guise.

En Suisse alémanique, Grasshopper, Zürich ou Saint-Gall ont dû singulièrement revoir leur voilure financière pour éviter la mésaventure des Romands, aidés parfois par l’économie locale ce qui n’est plus le cas en Romandie. Il faut dès lors admettre que le football suisse ne paie pas. A Sion, le président Constantin est un mécène qui vient du milieu de la balle ronde à l’inverse de certains aventuriers.

Mais à braver certains règlements de la Fifa, il est allé dans le mur. Ce qui n’empêchera pas les Valaisans de vivre un deuxième tour difficile, avec le retrait sévère de 36 points par une fédération nationale débordée. A défaut de vouloir imiter Bâle, nos clubs devraient s’inspirer de Thoune dont les moyens financiers sont relatifs mais qui procède à un recrutement intelligent, en Suisse et surtout en Challenge League.

Sans oublier le secteur de la formation en prenant des dispositions afin que les talents ne filent pas à la première occasion.