Seul

Drame

Seul

Seul

Une jeune femme s’est jetée en bas du Grand-Pont d’Orbe, dimanche. Avant de quitter cette terre, elle avait pris le soin de laisser un message pour expliquer les raisons de son acte.

Me trouvant sur les lieux quelques instants après ce geste désespéré, j’ai mesuré toute l’ampleur de la détresse de cette personne. Il ne faut pas seulement avoir du courage pour franchir la barrière et se jeter dans le vide.

Il est difficile de se rendre compte de l’état d’esprit de ceux qui passent à l’acte, à moins qu’ils ne soient dépressifs. En tous les cas, sans connaître ni la personne, ni ses raisons, j’ai été saisi par ce drame.

Malheureusement, ce genre d’acte devient fréquent. Les circonstances sont diverses certes, mais elles interpellent. Il s’agit souvent de drames familiaux au terme desquels on supprime souvent toute ou partie de sa famille. Aujourd’hui, certaines personnes pensent ne plus avoir d’autres moyens que de passer à l’acte.

Sans doute parce qu’elles ont honte de la situation dans laquelle elles ont entraîné les leurs ou pour des raisons d’honneur, car les personnes abandonnées par le conjoint n’admettent pas ce qu’elles considèrent comme une trahison.

Est-ce que la vie ne tient qu’à un fil? J’ai de la peine à le croire, mais j’ai le sentiment que les êtres humains n’admettent plus l’échec. Il n’y a pas de doute qu’il n’est pas facile de se relever. Dans ces cas-là, on s’isole souvent et ne pas partager son malheur avec d’autres pousse à l’irréparable. A l’heure où l’on sait tout ce qui se passe dans le monde, l’individu lui se trouve souvent seul face à lui-même.

C’est pourquoi le maintien de lieux de convivialité doit demeurer une priorité. L’ordinateur renferme les gens et accentue cette fragilité. Il faut oser dire ses difficultés et la compréhension d’un proche est sans doute le meilleur moyen d’éviter cet enchaînement dramatique. Car la disparation d’une personne dans ces conditions ne peut pas vous laisser indifférent.