Bien malgré elle

630x418

Les accords que la Confédération sera probablement obligée de passer avec les Etats-Unis ont provoqué l’émoi de la presse et du public. On n’a pas manqué, dans un premier temps, de reprocher à Mme Widmer-Schlumpf de céder rapidement à la volonté de la plus grande nation économique mondiale, entraînant derrière elle d’autres pays et surtout l’Union Européenne qui nous réclament désormais des comptes. Le monde bancaire en particulier s’est offusqué de cette allégeance.

Pourtant, il est utile de préciser que notre autorité suprême doit répondre des agissements de nos établissements financiers à travers le monde. Ils avaient pourtant été avertis de commercer prudemment dans un temps où ils étaient montrés du doigt à travers le secret bancaire. Ce qui n’a pas empêché certains d’entre eux, l’UBS en particulier, de poursuivre leurs pratiques. En clair, d’inciter les fortunés de se mettre à l’abri du fisc en «planquant» leur argent dans notre pays.

Alors qu’on s’en prend au Conseil fédéral, c’est envers nos banques que nous devrions retourner nos griefs. Le conseiller fédéral Alain Berset a dit clairement lors de la journée des communes vaudoises que son collège était fâché vis-à-vis de ces dernières qui ont agi délibérément. Les Américains ne veulent pas entendre que quelques-uns de leurs Etats, comme le Delaware, favorisent le secret bancaire. C’est le fait de démarcher sans aucune retenue qui est reproché.

Et dans cette situation,  notre isolement politique est un inconvénient majeur. Qu’on le veuille ou pas, le secret bancaire est désormais négociable et la seule porte de sortie semble bien être celle des échanges d’informations si l’on veut éviter la faillite de certains de nos établissements bancaires d’importance pour la nation.