Au nom de la liberté

Les Etat-Unis espionnaient leurs alliés. Voilà une révélation qui ne va pas améliorer les relations entre les pays occidentaux. Que l’on se méfie de certains individus car ils fréquentent ou sont mêlés à des organisations douteuses, d’accord. Mais là, de mettre autant de monde sous surveillance, on se dit que c’est de la paranoïa. Chez nous, on déplore le nombre considérable de caméras de surveillance.

On en trouve jusque dans des vestiaires ou dans des toilettes. Qu’il faille surveiller certains endroits en fonction de leur fréquentation, par des dealers par exemple, on peut le concevoir mais pas dans des lieux aussi incongrus que ceux cités plus haut. Des jeunes Helvètes ont été exclus de l’armée alors qu’ils avaient commis quelques petites bêtises dans leur prime jeunesse. Ils se sont retrouvés devant des dossiers dont ils ne se doutaient pas qu’ils puissent figurer encore alors qu’il n’a jamais été question de les inscrire dans leur casier judiciaire.

Cela nous rappelle la fin des années 80 lorsque les Suisses avaient constaté avec stupéfaction que 700 000 d’entre eux étaient fichés ainsi que 200 000 organisations diverses. Cette découverte fit scandale dans notre pays et la Confédération avait été obligée de livrer ces documents aux personnes qui en firent la demande.

Cette surveillance réapparaît étonnamment. On se croit revenu à la triste époque de la guerre froide. Pendant quarante ans depuis 1950, l’Occident et l’Est de l’Europe se livraient à un espionnage démentiel. Le régime communiste allait même jusqu’à encourager la délation entre voisins. Détestable. Mais on y revient, semble-t-il. Ainsi une autorité de la région a encouragé la dénonciation en matière de circulation. De quoi surprendre car la délation est chose épouvantable et il n’est surtout pas souhaitable qu’elle apparaisse chez nous.