Ancienne échoppe au cœur de Vuiteboeuf.

Vuiteboeuf: le sac ne fait pas le poids

Ancienne échoppe au cœur de Vuiteboeuf.

Ancienne échoppe au cœur de Vuiteboeuf.

Après 6 assermentations qui montrent que la population de Vuiteboeuf augmente régulièrement pour s’établir aux alentours de 550 habitants, le Conseil général réuni la semaine passée devait prendre position sur le préavis municipal relatif à la gestion des déchets. La Municipalité proposait l’introduction de la taxe au sac modèle STRID SA pour la localité. Le président Fabrice Boucher avait préparé un ordre du jour en deux temps: le premier pour laisser à l’exécutif le temps de présenter, chiffres à l’appui, son analyse de la problématique en question, et pour justifier son choix de la taxe au sac plutôt que de celle au poids et le second comme temps du choix proprement dit.

Dans une présentation soignée et minutieuse, le syndic Georges Karlen a fait ressortir que la taxe au poids était moins pratique régionalement, plus compliquée dans son administration et plus chère pour le contribuable que la taxe au sac, déjà expérimentée par de nombreuses communes avec succès. La différence de coûts résiderait avant tout dans l’achat d’une benne compacteuse, qui représente à elle seule un investissement de l’ordre de Fr. 100 000.– ou, transcrit en coût annuel par habitant, en une dépense supplémentaire d’environ Fr. 30.– par rapport à la taxe au sac.

Le délibérant veut choisir lui-même

La commission chargée d’étudier cet objet a proposé de retourner le dossier à la Municipalité pour étude complémentaire. Elle a estimé que la démonstration de l’exécutif ne prenait pas suffisamment en compte la variante de la taxe au poids. A relever une démarche assez inhabituelle pour une commission: celle-ci a en effet rencontré, en plus de l’exécutif local, plusieurs autres exécutifs communaux ayant introduit la taxe au poids, ceci pour tenter de se faire une idée plus précise des tenants et aboutissants de l’opération proposée.

Un vaste échange de vues a eu lieu, non sans qu’une certaine tension ne sourde des rangs. Les membres du Conseil avaient visiblement envie de pouvoir décider eux-mêmes du choix de la variante qui leur paraîtrait la plus adaptée. Au moment du vote et après quelques passes d’arme supplémentaires de procédure, le préavis a été refusé à une large majorité et le rapport de la commission adopté. Le projet retourne donc à la Municipalité, qui devra revenir avec un projet plus convaincant. «Nous ne reviendrons pas devant vous avant 2013, a précisé le syndic quelque peu courroucé, et ce sera avec un projet de taxe au poids, cette fois!». Dans la foulée, le Conseil a adopté le maintien du taux d’impôt communal à 77% de l’impôt cantonal de base pour 2013.

Photo Olivier Gfeller