Vaulion: quatre trésors sous le clocher

Sous l’imposant clocher du temple de Vaulion, dont le coq culmine à plus de trente mètres, se cache une très belle sonnerie de quatre cloches. On l’entend carillonner au complet une fois par mois, annonçant le culte, ainsi qu’aux grandes occasions, comme les fêtes ou mariages. La plus grande cloche, par contre, prend du service tous les jours pour sonner le midi.

Mais, si on les entend, il n’est cependant pas facile de les voir.

Depuis que la commune a procédé à des travaux de réfection et d’entretien, le local des cloches est fermé à clé. Sans compter que l’escalier qui y accède est particulièrement raide et étroit. Mais ce patrimoine vaut la peine d’être bichonné car il révèle un historique important du village qui a connu deux lieux de culte différents avant l’édification du temple actuel. D’abord une petite chapelle, totalement disparue, qui s’érigeait en 1436 sur la Roche Saint-Julien qui domine le bas du village (en face de la déchetterie).

Puis d’une autre chapelle, en 1606, sur le même lieu que l’église qu’on connaît aujourd’hui, bâtie entre 1755 et 1756, sur les plans de l’architecte officiel de Leurs Excellences de Berne, Gabriel Delagrange. qui a construit plusieurs temples vaudois et restauré la cathédrale de Lausanne.

De deux à quatre

A l’époque, deux cloches ont été installées. Sans doute celle de la Chapelle Saint-Julien datant vraisemblablement de 1446, de 150 kg, nommée «La Justice», puis «La Foi», d’un fondeur inconnu de 1544, d’environ 420 kg. Il faudra attendre jusqu’en 1899 pour que soient installées deux autres cloches neuves, et non des moindres, puisque «L’Espérance», la plus grosse de 900 kg, coulée à Nancy la même année, prend place à côté de «La Charité», 200 kg, de même provenance.

Leurs inscriptions mentionnent la commémoration du centenaire de l’Indépendance vaudoise célébré un an plus tôt. Leurs noms ont été attribués lors de cette importante pose et un accordage entre toutes a été opéré. Depuis cette date, elles sont immuablement en service même si elles ont connu deux restaurations du temple en 1903 et en 1968, avec la pose de moteurs électriques et d’un automatisme de l’horloge entre deux.