Thierry Goël dans son scaphandre (© Thierry Goël)

Vallorbe: passion du scaphandre «pieds lourds»

Voilà une petite quinzaine d’années que Thierry Goël, Lausannois pure souche, s’est installé à Vallorbe avec son épouse et ses trois garçons. Cet informaticien à la direction des systèmes d’information du CHUV voulait ainsi fuir le stress urbain et retrouver une meilleure qualité de vie. Depuis plus de 25 ans, Thierry Goël pratique la plongée autonome, au point de compter actuellement plus de 400 plongeons à son actif. Il a gravi tous les échelons officiels pour devenir titulaire du brevet de «Divemaster». Il est instructeur de l’association professionnelle internationale des plongeurs (PADI) et raconte non sans nostalgie sa rencontre avec Jacques Piccard, l’homme le plus «profond» du monde, avec lequel il a eu l’occasion «historique» de plonger dans le Léman à bord du sous-marin F.A. Forel.

Retour vers le matériel d’antan

Plus récemment, il a décidé de compléter sa passion par la pratique du scaphandre authentique de papa et grand-papa, celui que l’on nomme aussi «pieds-lourds». Pour ce faire, il lui a d’abord fallu trouver un scaphandre, ce qu’il a fini par réussir après une quête délicate. Son matériel est d’origine russe, il vient de Saint-Pétersbourg. La première phase a consisté à remettre en état le matériel, notamment la pompe à bascule qui était hors d’usage. Depuis quelque temps, Thierry Goël plonge régulièrement dans le Léman et dans d’autres sites qui permettent ce genre de pratique. Pour plonger avec un ancien scaphandre, il faut impérativement disposer d’une équipe de trois personnes rompues à cet exercice, en plus du plongeur: un garde et deux assistants-pompeurs. La vie du scaphandrier dépend en effet de la régularité de l’air comprimé qui lui est envoyé depuis la surface. Le matériel porté par le plongeur pèse environ 80 kilos, dont 20 rien que pour le fameux casque. L’air qui lui est fourni est celui que monsieur tout le monde respire, pour une plongée qui peut durer plusieurs heures. C’est d’ailleurs pour cet atout que ces scaphandres étaient utilisés dans la construction portuaire ou le grattage des coques de cargos. L’âge d’or des scaphandriers pieds-lourds date de l’après Seconde Guerre mondiale, quand il s’est agi de débarrasser les ports des épaves et autres bombes empêchant le commerce maritime de reprendre normalement.

Transmettre un savoir

Thierry Goël possède également le goût de transmettre. C’est ainsi qu’il organise de temps à autre des démonstrations publiques, mais pas de baptêmes. Il a aussi créé un site internet très complet et riche en illustrations et vidéos qui se veut vulgarisé et s’adresse à tous les publics, enfants compris. «Les renseignements se perdent sur cette pratique et je trouve utile de faire profiter autrui du fruit de mes recherches», explique le sportif. L’Omnibus le suivra en 2014 lors de sa prochaine démonstration. Il n’existe que 3 ou 4 personnes pratiquant encore la plongée en scaphandre pieds-lourds en Suisse romande. À relever que Thierry Goël envisage aussi de faire des conférences dans les écoles, voire une démonstration dans une piscine de la région. Des contacts ont déjà été pris dans ce sens.

Pour en savoir beaucoup plus: www.scaphandrier.ch.


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