Site en travaux.

Vallorbe: nouvel étang naturel autogéré

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A Vallorbe il y a environ un siècle, le cours de l’Orbe a été rectifié et la rivière «enfermée» dans une sorte de canal. On craignait les crues à l’époque, synonymes de dégâts aux cultures. Avant cette «canalisation», l’Orbe, comme beaucoup d’autres cours d’eaux, changeait facilement de parcours au gré des ans ou des saisons.

Et lorsqu’un de ses bras était momentanément inutilisé, il conservait à la fois un peu d’eau, des zones humides et marécageuses et nourrissait ainsi un biotope particulièrement riche. Or ce type d’environnement propice à la conservation d’espèces indigènes a la plupart du temps disparu. Sur la base de ce constat, la Section de Vallorbe de la Société Vaudoise des Pêcheurs en Rivière (SVPR) a conçu il y a quelques années, le concept d’un étang à vocation environnementale et éducative, devant servir aussi à la pêche de loisir et à l’apprentissage de la pêche en étang.

Cette dernière discipline est différente de la pêche en rivière et ne peut s’apprendre qu’en de très rares endroits. Un projet concret a dès lors été mis sur pied, dans une zone de 4500 mètres carrés qui se situe juste sur le côté est de l’actuel Sentier didactique du Grand Morcel. Le plan d’eau en forme de banane aura lui-même une surface de 3000 mètres carrés, alors que ses abords comporteront une butte créée avec les éléments de terre extraits lors de la creuse. Nombre d’autorisations ont dû être demandées. Elles ont toutes été données par les services compétents.

Du point de vue pratique, il s’agissait ensuite de trouver un financement. Ce sont donc finalement la SVPR, le canton de Vaud et la commune de Vallorbe, aidés par des entreprises privées, qui ont réussi à trouver les fonds nécessaires à la réalisation de cet étang. Le Conseil communal a donné son aval au projet en automne 2011 et les travaux ont commencé durant l’hiver.

Un milieu riche en espèces indigènes

«Vallorbe et l’Orbe en général n’ont vraiment pas besoin de truites. L’étang comportera donc avant tout d’autres espèces indigènes comme la tanche, le brochet, l’ablette, la carpe, le goujon, etc. On devrait aussi y trouver des écrevisses à pattes rouges et à pattes blanches, ainsi que d’autres espèces de coquillages ou de mollusques» explique Régis Mauerhofer, président de la Section de Vallorbe de la SVPR.

Toute l’idée de cet étang est de permettre à la nature indigène de se développer seule, en lui donnant un coup de pouce au départ, que ce soit sur le plan animal ou sur le plan de l’environnement en plantes, arbustes et autres végétaux. L’alimentation en eau de l’étang sera complètement séparée de l’Orbe: par capillarité en effet, les eaux de la nappe toute proche, pompée pour permettre les travaux de creuse, viendront naturellement remplir le plan d’eau, qui devrait avoir un niveau proche de celui de l’Orbe, avec toutefois des variations saisonnières.

«Nous avons effectué des sondages qui permettent de compter que cette alimentation naturelle devrait durer pas loin d’un siècle» ajoute Régis Mauerhofer. La forme de l’étang et notamment celle de sa partie creuse n’auront rien à voir avec la forme d’une piscine. Une pente douce ira progressivement jusque vers 3.5 mètres de profondeur au centre de l’étang. Ces différents niveaux d’eau sont en effet nécessaires pour le frai des différentes espèces, qui a lieu à des profondeurs spécifiques. En plus, durant l’hiver, la surface gelée de l’étang doit permettre à suffisamment d’eau liquide de subsister en dessous de l’épaisseur transformée en glace, ceci pour la simple survie des poissons.

Un projet à long terme

Le nouvel étang devrait être mis en eau d’ici à l’été 2012, période à laquelle les travaux se termineront. On sait déjà que pour des raisons de repeuplement, la pêche ne sera pas possible avant un délai de deux ans environ à compter de la fin des travaux. Les abord de l’étang sembleront peut-être un peu «nus» au début, mais cette caractéristique tient justement à la nature du projet qui compte sur une arborisation et une végétalisation naturelles pour l’essentiel.

Les pêcheurs seront d’ailleurs cantonnés sur la rive nord de l’étang, sur un secteur bien déterminé. La rive sud sera interdite au passage et donc aussi aux pêcheurs, ceci grâce à certaines espèces végétales d’un genre plutôt piquant qui en barreront l’accès.

«Cet étang sera un plus évident pour la commune», explique le syndic Stéphane Costantini, qui ajoute «Le parcours didactique du Grand Morcel sera ainsi complété et rendu encore plus attractif grâce à une présence animale plus importante et un étang unique en son genre et qui s’intègre parfaitement au site». Pour faire connaissance en direct avec la réalisation, rendez-vous donc lors de l’inauguration, qui n’a pas encore été fixée.

Photo Olivier Gfeller