L’entrée du Musée du fer.

Vallorbe: le délégué au tourisme explose en vol

La simple lecture de l’ordre du jour ne laissait pas supposer que le président Nourreddine Ghennoune devrait jongler avec les amendements, sous-amendements déposés, retirés ou renommés et autres votes multiples à bulletin secret durant une bonne partie de la soirée de lundi. Et pourtant, tel a été le cas lors du nouvel examen du préavis concernant la création d’un poste de délégué au tourisme.

L’exécutif voulait au printemps un poste de fonctionnaire communal à temps plein au cahier des charges peu précis. Il a fait marche arrière en été en renonçant au plein temps pour un 50 % à destination du Musée du fer, demandeur de forces vives. La commission qui a étudié cette question proposait quant à elle un 80 %, toujours sans grande précision quant aux contours du poste, mais «convaincue de la lourdeur et de la multiplicité des tâches à accomplir». Le groupe socialiste a proposé que le poste ne soit pas formellement créé, pour des raisons de clarté de subordination délicate, mais qu’une subvention annuelle renouvelable d’un montant de Fr. 50’000.– soit allouée au Musée.

Bataille d’amendements

La droite a défendu bec et ongles, notamment par l’intermédiaire de Jean-Philippe Dépraz, la nécessité d’un poste à 80 % ou au moins d’une subvention de Fr. 100’000.–, voire de Fr. 75’000.–, évoquée par l’exécutif. «C’est une question de survie pour le Musée, dont les bénévoles sont épuisés», ajoutait-il alors que le syndic Stéphane Costantini, craignant sans doute que les autres sociétés locales ne déposent elles aussi des revendications de soutien, attirait l’attention du Conseil sur les finances communales et le danger de la multiplication des postes.

La position Dépraz a fait l’objet d’un amendement, de même que celle du parti socialiste. Au final, c’est l’amendement socialiste qui a été accepté à une large majorité. «Une demi-mesure qui m’incite à refuser tout le projet en l’état actuel» a sursauté Jacques-André Chezeaux, reflétant un sentiment croissant dans l’hémicycle. Après une suspension de séance de quelques minutes, le projet municipal est tout simplement passé à la trappe par 24 voix contre 17 et une abstention. Le serpent de mer du délégué au tourisme qui se transforme en chef d’exploitation «chargé de faire rayonner le Musée au loin» est donc provisoirement défunt.

Avec une leçon pour la droite sans doute: un projet mal ficelé au départ a rarement des chances de succès. À la fin d’une longue séance, le délibérant a encore accepté la nouvelle mouture du règlement communal sur la gestion des déchets avec l’introduction d‘une taxe forfaitaire par habitant et par entreprise «comme le veut la législation», dira l’exécutif. Ainsi qu’un crédit urgent pour la réfection d’un collecteur d’eau usée au passage du Temple.

M. Jean-Philippe Dépraz, Président du Conseil de Fondation des Grandes Forges, a annoncé sa démission lundi en fin de soirée, suite à la décision qui a été prise lors du Conseil communal. D’autres démissions pourraient suivre.


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