Un public attentif.

Vallorbe: De la dignité pour les migrants

L’Association auprès des requérants d’asile de Vallorbe, dont l’acronyme n’est plus à présenter, a tenu ses assises annuelles le samedi 24 juin en présence d’une soixantaine de personnes, dans ses locaux d’accueil.

Clairement orientée vers l’engagement de terrain, ARAVOH a fait de l’accueil des migrants sa mission principale: «Pendant 12 mois, 5 jours par semaine, 4 heures par jour, 45 bénévoles offrent des permanences, se relaient par deux et accueillent des migrants de toutes couleurs, venant d’une vingtaine de pays différents», comme le rappelle le rapport d’activités. Pour réussir ce pari, année après année, il faut des bénévoles, de l’argent, une légitimité et reconnaissance des autorités. Derrière cet accueil se cache donc tout un travail du comité pour de la recherche de fonds et pour donner de la visibilité à l’association. Le dernier exercice financier montre une perte de Fr. 13 000.– pour un budget d’environ Fr. 130 000.–, expliquée en partie par une baisse des dons, elle-même due à la multiplicité des sollicitations auprès des donateurs.

Deux inquiétudes majeures pour l’avenir ont été évoquées. La première a trait à l’application intransigeante – souvent au mépris d’indications médicales et de situations familiales dramatiques – que fait notre pays des accords de Dublin: alors qu’une clause dite de souveraineté permet à un pays qui n’est pas le premier pays de transit du migrant de l’accueillir malgré tout pour de bonnes raisons, la Suisse renvoie systématiquement ces derniers vers des pays déjà débordés en matière d’asile, comme l’Italie et la Grèce. Les représentants de l’aumônerie du Centre de Vallorbe ont dressé un constat extrêmement alarmant des conséquences de cette rigidité. La société civile de notre canton et d’autres régions de la Suisse semblent enfin prendre conscience de ces dérives, et des pétitions et mouvements sociaux s’occupent à faire remonter ce problème

jusqu’à Berne.
La seconde inquiétude concerne l’avenir du centre d’enregistrement de Vallorbe, donc aussi bien entendu de l’ARAVOH. Aucune information officielle n’est actuellement donnée dans le cadre de cette profonde réorganisation des centres en Suisse. Soutenues par le canton, les autorités vallorbières s’opposent – pour des raisons que l’on peut comprendre – à la création d’un centre de départ sur le site du CEP. Le Conseil d’Etat a identifié à Dailly, avec l’assentiment de la commune de Lavey, une possibilité d’ouverture. Aux toutes dernières nouvelles, cette proposition n’aurait pas convaincu les autorités fédérales…
Dans ce climat d’incertitudes profondes, l’ARAVOH continue inlassablement, avec ses partenaires de l’aumônerie et du service juridique aux exilés (SAJE) à assurer ce minimum de dignité aux migrants.