TGV en gare de Vallorbe

Une gare historique privée de trains

 

TGV en gare de Vallorbe

TGV en gare de Vallorbe

Le 16 février 2011, les deux opérateurs ferroviaires CFF et SNCF ont signé un nouvel accord commercial pour 12 ans, destiné à renforcer et développer leur partenariat dans l’offre à grande vitesse entre la France et la Suisse, exploitée sous la marque TGV Lyria. Les liaisons Lausanne-Paris passeront de quatre à cinq liaisons quotidiennes d’ici 2014. Ces liaisons bénéficieront également d’une baisse de temps de parcours de 15 minutes selon les CFF. Trois relations sur cinq seront effectuées via Genève et ceci aura pour conséquence que le TGV ne circulera plus que deux fois par jour via la ligne Lausanne-Vallorbe-Dijon-Paris, contre quatre actuellement, cinq durant le week-end.

Les politiques pris de vitesse

Les opérateurs ont manifestement pris de vitesse les politiques. A commencer par les autorités de Vallorbe, qui croyaient jusqu’alors entretenir de bons rapports avec les CFF, mais qui n’ont pas été avisées au préalable de cette décision, ce qui a bien entendu provoqué leur colère. Une colère qui a visiblement atteint également les autorités cantonales, Conseil d’Etat et Grand Conseil, auprès desquels plusieurs motions ou interpellations ont été déposées, notamment par le député Nicolas Rochat Fernandez, du Lieu. Au niveau régional, les grandes communes ont elles aussi donné de la voix, à l’image des associations de développement comme l’ADNV. Ce mouvement n’a visiblement aucune couleur politique particulière. Il veut simplement lutter contre l’abandon d’un service public considéré comme fondamental pour le développement économique régional.

Réactions unanimes

Dans son interpellation, le député Nicolas Rochat Fernandez relève que « les arguments avancés par les CFF dans la presse ne concernent que la rentabilité à court terme: permettre de remplir les trains aux heures creuses en les faisant passer par Genève. Même s’il est fait référence à une diminution du temps de parcours à court terme, les CFF font fi des travaux d’optimisation du tronçon Dôle-Dijon payés par le contribuable suisse à hauteur de 50 millions et qui verra une diminution du temps de parcours de 30 minutes».

De l’autre côté de la frontière, la colère gronde aussi. La part de dépenses d’infrastructures dévolue au département du Jura est de 13,3 millions (sur les 720 millions financés par les collectivités locales). «Je refuse de payer, déclare le sénateur Gérard Bailly, ancien vice-président (UMP) du Conseil régional de Franche-Comté. Ce projet représente une régression pour les Jurassiens, avec un nombre de TGV s’arrêtant à Dôle qui chutera à un ou trois par jour, au lieu des six ou sept aujourd’hui.» Et d’ajouter : «Le nord de la Franche-Comté pèse 400 000 habitants, soit deux fois plus que nous. Nous ne faisons pas le poids face à Belfort, Besançon et Dijon. Les Dijonnais étaient même furieux à l’idée que Dôle puisse devenir une étoile ferroviaire.»

Combat difficile en vue

Au sein de la Conférence Trans-Jurassienne, Franche-Comté, Vaud, Berne, Neuchâtel et Jura se préparent à monter aux barricades pour combattre la décision de Lyria, la filiale à 100% des CFF et de la SNCF. Ceci dit, même si la décision de Lyria heurte, il va sans doute être difficile de faire revenir l’opérateur sur une position plus souple, sauf à se voir inviter poliment à participer plus concrètement aux coûts de fonctionnement.

A relever enfin pour les chiffres que, à une date prise au hasard, le 22 février 2011, peu avant 14 heures, 24 personnes, dont six enfants, ont pris le TGV pour Paris en gare de Vallorbe. Des passagers suisses et français qui, pour l’essentiel,w ne comprennent pas la future suppression.

Photo Olivier Gfeller