Vue générale du bâtiment et de la retenue actuelle.

La Foulaz : un projet vert novateur

Historique

À quelques centaines de mètres en aval du Musée du fer, au fil de l’Orbe, se trouve un ancien bâtiment industriel qui utilisait déjà la production hydraulique d’énergie en 1657, pour les besoins d’une fabrique de clouterie. Devenue tannerie, battoir, scierie, puis fabrique de rasoirs et de limes au fil des ans, l’ancienne roue à aubes du complexe fut remplacée plusieurs fois par des turbines. Depuis 1911, l’ensemble changea d’affectation et fut utilisé pour la fabrication de boîtiers de montres et de pierres d’horlogerie, ceci jusque dans les années 1970. A partir de là, le bâtiment fut transformé en appartements et en ateliers artisanaux. En 1997, une équipe de passionnés imagine de réhabiliter la production de courant au moyen de nouvelles installations. A l’époque toutefois, les puissances possibles rendaient le projet non viable économiquement. La technologie ayant changé et les conditions-cadres aussi, le projet est repris en 2007. C’est courant 2008 qu’une société anonyme est créée pour racheter les immeubles auxquels est rattaché un droit d’eau non limité dans le temps.

Nouveau projet

Les initiateurs envisagent de modifier les batardeaux existants, d’installer une vanne à clapet, de construire un canal latéral plus large pour pouvoir y installer des turbines en siphon et de prévoir une échelle à poissons, dispositif qui n’existe pas à l’heure actuelle. Les débits mesurables sur l’Orbe sont très variables en fonction des saisons. A la Foulaz cependant, un volume turbinable de 175 millions de m3 par an est disponible en respectant les équilibres écologiques et les besoins des autres installations environnantes (STEP, canal du Musée du fer notamment). Compte tenu de la dénivellation qui n’excède pas 3 mètres, le choix de turbines axiales en siphon développées par Mhylab à Montcherand s’impose. Le nombre idéal est de trois engins d’une capacité de 3,3 m3 par seconde. L’important point de la gestion des crues est quant à lui géré par le système de vanne à clapet et de vannes télécommandées sur les canaux latéraux (STEP et canal latéral). Concernant l’échelle à poissons, une longueur de l’ordre de 32 mètres est prévue pour en limiter autant que possible la pente. A relever que cet endroit est actuellement le seul qui empêche les poissons de remonter le courant entre le Day et la Dernier.

Avantages du projet

Outre l’échelle à poissons qui n’existe pas et sans compter les aspects énergétiques, les nouvelles installations permettront de garantir le bon fonctionnement des roues du Musée et de limiter au maximum les problèmes d’érosion des berges dus aux fréquents turbinages de la Centrale de la Dernier. Les inondations des chemins pédestres en bordure de l’Orbe seront aussi évitées.

Énergie et mise en oeuvre

La production électrique annuelle attendue, calculée par les experts est de l’ordre de 725 000 kWh. Annoncé en 2008 à Swissgrid, le projet pourra bénéficier de la RPC avec un tarif garanti sur 25 ans. Le projet a obtenu son permis de construire après enquête, ceci sans aucune opposition. L’ancien droit d’eau illimité dans le temps a été légèrement amplifié par les services du Canton et remplacé par une concession d’une durée de 60 ans. Il y a deux mois environ que le dossier est bouclé sur le plan des diverses autorisations et que les initiateurs vont pouvoir passer à la phase de réalisation. Si l’on tient compte d’un chiffre moyen de consommation électrique de 4’500 kWh par année pour un ménage, ce sont donc plus de 155 ménages qui pourraient être annuellement entièrement alimentés par cette énergie verte nouvelle. Le projet prévoit en effet le branchement du système de production au réseau de VO Energies.

Encore un beau projet d’énergie douce dans la vallée.


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