Camille Fraissard durant sa présentation.

Juraparc: le retour du loup

Camille Fraissard durant sa présentation.

Camille Fraissard durant sa présentation.

Si contrairement au Jura français, la présence du loup n’est pas encore confirmée dans notre région, l’expérience de réintroduction réalisée par Camille Fraissard montre que Canis Lupus pourrait très bien se plaire chez nous.

Des louveteaux ont été relâchés dans la taïga russe et suivis durant cinq mois à l’aide de GPS-Argos ainsi que par l’observation de leurs traces dans la neige. Les données obtenues ont permis d’évaluer leurs déplacements, leurs habitudes alimentaires (analyse de leurs fèces) et leur comportement près des zones habitées.

Les résultats indiquent que ces loups nés en captivité ont retrouvé leur instinct de prédateur dans leur nouveau biotope, sans entraînement préalable.
Leur menu de prédilection: l’élan (il n’y a pas de chevreuils dans la taïga), le sanglier, le lièvre et le castor. Ils ont mangé occasionnellement du blaireau, de la fouine ainsi que des petits rongeurs et des oiseaux. Ils ont également consommé des fruits, des baies sauvages et des graminées. 12 % de leur diète était constituée par des animaux domestiques (ovins).

Cohabitation avec le loup

«Est-ce que le loup a une place chez nous?» Bernard Muller, président de la Diana, section Vallée de Joux, exprime la préoccupation des chasseurs lors du débat qui s’ensuivit. Les chasseurs redoutent les impacts de la présence du loup sur la faune ainsi que sur l’élevage du bétail. Par ailleurs, ils demandent l’application du droit au tirage des loups «parachutés», selon la convention de Berne qui régit la conservation de la vie sauvage en Europe.
Bernard Reymond, ancien surveillant de la faune du canton de Vaud, a une vision différente de la situation.

Bien qu’ils n’aient pas montré patte blanche pour traverser la frontière, les loups présents en Suisse (une vingtaine dans les Alpes) ont certainement migré de leur propre initiative depuis le Parc national des Abruzzes en Italie. Ceux qui pointent maintenant leur nez dans le Jura ont très probablement transité par le Parc du Mercantour en France.

Quant aux impacts du loup sur la faune, Camille Fraissard estime que si les effectifs d’ongulés diminuent, ils finissent par se stabiliser à un niveau qui rend la chasse tout aussi attrayante.

Sur la base de son étude, la conférencière ajoute que la cohabitation du loup avec les activités d’élevage est possible lorsque les mesures de protection prévues sont appliquées.

Rappelons une des premières directives de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV): «Si un exploitant soupçonne la présence d’un loup ou que ses bêtes semblent avoir été attaquées par un loup, il doit prendre contact avec un agent de surveillance de la faune.»

Photo Denis Tarantola