Les policiers, comme leurs voitures, vont devoir composer pour assurer la sécurité des Vallorbiers.

Changement de cap pour la police de Vallorbe

Les policiers, comme leurs voitures, vont devoir composer pour assurer la sécurité des Vallorbiers.

Les policiers, comme leurs voitures, vont devoir composer pour assurer la sécurité des Vallorbiers.

La nouvelle organisation sécuritaire vaudoise condamnait le poste de police communale de Vallorbe à la fermeture. Il faut admettre que la cité du fer n’avait guère le choix pour remplir les critères exigés (présence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7).

D’abord l’effectif était largement insuffisant. Ensuite, aucune des communes voisines ne possédait une police municipale. Il aurait fallu alors l’accord de plusieurs d’entre elles (Ballaigues, Lignerolle, L’Abergement ou Les Clées) pour toucher Orbe, par exemple, ce qui n’a jamais été envisagé.

En dehors de cela, Vallorbe a d’une part la particularité d’accueillir un centre important d’enregistrement de migrants et d’autre part elle se trouve à la frontière. D’où des implications fédérales comme cantonales. Dans ces circonstances, il paraissait logique qu’elle passe sous l’égide de la police cantonale.

Patrouille dans la localité

La Municipalité a tenté de conserver un corps municipal, mais elle a finalement dû s’avouer vaincue face à la législation cantonale. Ceci ne l’a pas empêchée d’imaginer une structure propre à assurer la sécurité de ses citoyens. Elle a mis sur pied une police administrative qui accomplira également des tâches de police de proximité. En patrouillant dans les rues de la localité, les quatre assistants de sécurité pourront régler les problèmes immédiats sans pouvoir procéder à des arrestations ou à de véritables actions policières, puisqu’ils ne seront pas armés.

De la même manière, ils accompliront des tâches du 5e processus (circulation, police du commerce, etc.) comme ils le faisaient auparavant. Dès le 1er juillet prochain, ils changeront même d’uniforme.

Municipalité élégante

Si le changement de statuts aurait dû engendrer une baisse de salaire pour les policiers formés, la Municipalité a eu l’élégance de ne pas remettre en question le revenu de ses employés dont deux (MM. Anex et Baudraz) prendront prochainement leur retraite (fin 2013). Ce qui a été fort apprécié par les collègues de Pierre-Gilbert Zanchi qui restera à la tête de cette brigade.

«Je suis reconnaissant vis-à-vis de la commune d’avoir maintenu les emplois ainsi que nos acquis sociaux. Cette nouvelle responsabilité est pour moi un défi que je me plairai à relever et je me réjouis d’aborder cette nouvelle phase de ma carrière professionnelle. Nous allons désormais travailler plus étroitement avec le contrôle des habitants dont nous serons responsables, dès 2014, lorsque la préposée actuelle prendra sa retraite».

Même bâtiment, autre étage

Du côté de la gendarmerie, le poste a été renforcé. L’effectif a passé de 3 à 5 unités. Cependant, les deux corps ne se trouveront plus dans le même bureau. La police communale a trouvé refuge au rez-de-chaussée de la maison de commune alors que «les bleus» sont montés d’un étage.

Cela dit, Pierre-Gilbert Zanchi espère bien que cette séparation physique n’entravera en rien l’entente qui régnait jusqu’ici. On notera encore que le centre d’enregistrement (CEP) a engagé depuis un certain temps des «juggers» qui sont chargés de surveiller les migrants dans les endroits stratégiques de la localité (gare, piscine, camping, etc.).

Si bien que Sylviane Tharin, municipale en charge de la police, reconnaît volontiers que les réfugiés posent moins de problème qu’à leur arrivée à Vallorbe et elle espère bien que le changement de statut de ses policiers ne désécurisera pas les habitants. Du reste, elle fera partie d’un groupe cantonal de travail, chargé de mettre sur pied le règlement d’application des polices telles que celle qui va voir le jour dans sa cité.