La gare porte bien son nom : elle est sur Romainmôtier, mais seulement à quelques pas de la limite de Croy.

Croy et Romainmôtier : unis, mais néanmoins divisés

Les limites communales entre Romainmôtier et Croy ont un tracé qui n’a rien d’évident. Même dans le centre du village de Croy, on peut se trouver sur la commune de Romainmôtier! Par exemple, la Rôtisserie du Gaulois a la bizzarerie d’être sur le territoire de Romainmôtier alors que son parking qui lui fait face est bien situé sur Croy! Plus on avance en direction de la Gare, et moins c’est clair. La «frontière» passe devant le Buffet de la Gare qui est sur Croy alors que la gare elle-même est sur Romainmôtier. De même que toute la zone industrielle et le quartier résidentiel du Fochau qui poussent ainsi un triangle pointé sur Bofflens.

La Terre de Romainmôtier

En 1970, les communes de Romainmôtier et Envy ont fusionné. Avec cette «annexion», Romainmôtier a agrandi son territoire d’une large bande en direction de Ferreyres, via le vallon des Bellaires. Ceci donne aux Romainmonastériens un territoire de 698 hectares pour une population de 530 habitants actuellement. Le syndic Fabrice de Icco ne peut pas expliquer le pourquoi de ces limites saugrenues.

«Il n’y a pas de raisons spécifiques connues. Tout cela s’est fait au cours des siècles, quand plusieurs communautés se sont succédées: les moines de l’Abbatiale, la Seigneurie, le Baillage bernois, la «Ville» puis la Commune. Aux XVIIe et XIXe siècles, différentes parcelles sont achetées. A l’époque, on privilégie les forêts, car elles représentent de la valeur. C’était l’enjeu, même avant le retrait des Bernois. L’avénement du canton en 1803 et la création des communes n’ont en fait rien changé (ou si peu) à ces limites déjà établies.»

Bonne entente

Ce qui a révélé ce découpage compliqué, c’est la contruction de la route Romainmôtier-Croy aux alentours de 1800, dans une zone encore non construite à l’exception de la Grange du Dîme (Auberge du Gaulois actuelle) qui était le seul bâtiment existant. L’ancien tracé suivait le cours du Nozon et traversait le village de Croy. Le préfet et ancien syndic de Croy, Etienne Roy, commente avec une pointe d’ironie: «Les moines et les baillis avaient su choisir le meilleur pour eux, laissant les bribes pour Croy qui a investi le bas du territoire. Malgré tout, les populations vivent en bonne intelligence en se partageant les infrastructures en commun: écoles, réseau d’eau, pompiers, déchetterie, STEP. Les sociétés locales ont un tarif commun pour l’utilisation des lieux de rencontre comme la cantine de Champbaillard ou la salle polyvalente de Croy.»

Les deux magistrats sont unanimes: «La simplification serait la fusion! En cela, c’est une autre histoire, car il s’agirait alors de coordonner au moins tout le vallon du Nozon. Et là... On n’y est pas encore!»