Maison de commune de Sergey

Région: fusion Montcherand-Orbe-Sergey, une question d’avenir

Dans moins d’une semaine (jeudi 26 mars), les Conseils de Montcherand, Orbe et Sergey se prononceront sur leur volonté de fusionner ou pas. Dans cette perspective, nous avons posé trois questions aux syndics de ces localités pour connaître les arguments en faveur de cette fusion éventuelle.

1. Pour quelles raisons vos conseillers devraient-ils voter oui?
2. De la même manière, pourquoi pencheraient-ils pour le non?
3. Comment estimez-vous la tendance dans votre lieu?

A MONTCHERAND, C’EST JEAN-MICHEL REGUIN, SYNDIC ET PRÉSIDENT DU COMITÉ DE PILOTAGE DE LA FUSION QUI RÉPOND

1. Jean-Michel Reguin voit dans cette fusion le moyen de conserver une mainmise sur l’avenir du village. «Si j’en crois mes collègues de la Municipalité, un ou deux d’entre eux envisagent de ne pas se représenter l’an prochain. Quant à moi, il y a 22 ans que je siège et il serait temps que je rende mon tablier. Qui dès lors va accepter de prendre du service? Je vois que l’intérêt pour la commune a diminué avec le temps et c’est notamment une des raisons pour laquelle nous avons songé à la solution de nous regrouper avec d’autres. Il faut savoir que les villages n’ont bientôt plus rien à dire vis-à-vis du potentat cantonal et les citoyens ne se rendent pas compte de cette situation.
2. C’est sûr que l’augmentation du taux d’imposition (plus 3 points) effraie mes concitoyens. D’abord, je répète que les impôts de Montcherand devront aussi prendre l’ascenseur dans les deux ans à venir afin de pouvoir faire face à toutes les charges que nous devons honorer. En plus si l’on veut bien se donner la peine de faire le calcul, ce supplément n’est pas très conséquent pour les familles. Avec des postes comme la garde des petits enfants, les écoles, etc., notre budget explose et ce n’est pas parce que nous commettons des folies, mais tout simplement parce que nous ne maîtrisons plus grand-chose».
3. Quant à la tendance dans le village, le syndic pense que la population est divisée par moitié. «Les nouveaux habitants sont plutôt hostiles à l’idée, car ils ont choisi de venir vivre dans une petite bourgade et ne veulent pas d’une administration citadine. D’autres ont peur de la suprématie d’Orbe. J’aurais tendance à croire que les plus anciens ainsi que ceux qui participent au Conseil se rendent bien compte que nous avons atteint nos limites et nous unir avec une plus grande localité est la solution d’avenir pour réduire les coûts».

DU CÔTÉ DE SERGEY, C’EST LE SYNDIC ALEXANDRE MARTINIS QUI NOUS RÉPOND

1. La complexité de l’administration nous pose de plus en plus de problèmes pour gérer notre commune. Comme on constate que les personnes se désintéressent de la gestion communale aujourd’hui, je crains que le fossé s’agrandisse avec le temps entre Canton et petites communes, car il faut un investissement continuel pour faire face aux exigences. Je pense que la population ne se rend pas compte des soucis que nous avons pour remplir nos obligations vis-à-vis de l’Etat de Vaud. Donc, la fusion devient indispensable dans le futur. Sur le plan fiscal, nos impôts sont élevés par rapport à la péréquation. En nous liant avec les deux autres communes, nos gens sont garantis de bénéficier d’une baisse de leurs charges fiscales.
2. Il est certain que la perte d’identité crée des réflexes d’auto-défense. Pourtant Mme Mettraux veut s’attaquer à ce problème. En outre, la peur de l’inconnu et du changement peuvent envahir notre population. Certains pensent qu’Orbe va nous avaler sans état d’âme. Ils n’ont pas raison, car Sergey sera traité comme un autre quartier urbigène et nous aurons des représentants au Conseil communal comme à la Municipalité.
3. Il est difficile de se faire une opinion. On entend de tout. Face à moi, on est plutôt positif. D’autres me disent que les avis négatifs sont conséquents. Je pense que le Conseil général fera en sorte que la population se prononce sur la fusion. C’est une décision importante pour le village qui est complètement concerné. Je compte sur l’honnêteté de mes citoyens sur ce choix déterminant pour notre commune.

ENFIN À ORBE, CLAUDE RECORDON NOUS A DONNÉ SON AVIS SUR LA FUSION

1. C’est une affaire de cohésion régionale. On est plus fort lorsque l’on est ensemble. Nous avons des intérêts et des visions communs. C’est dans la perspective de l’avenir que nous devons nous poser les bonnes questions. Même si cette fusion n’est pas d’envergure, elle est nécessaire à la construction de la région. La base de notre monde est faite de petites entités qui se répercutent jusqu’au plus haut niveau. Notre commune a toujours été favorable au développement et à la régionalisation. Cette fusion permettrait de poser une première pierre dans notre volonté affichée de travailler ensemble et non pas d’englober nos partenaires comme certains pourraient le penser, mais bien pour œuvrer ensemble au développement de cette région.
2. Il ne faudrait pas que cette fusion échoue pour des raisons de détails comme ceux évoqués pour la taxe au sac comme quelques citoyens l’ont évoqué (gratuité pour les 20 ans actuellement et qui est prévue pour les moins de 18 ans à l’avenir). Il est nécessaire de voir l’intérêt que nous avons tous à être ensemble.
3. La séance d’information n’a pas été très suivie à Orbe, car les Urbigènes n’ont pas le sentiment que cette fusion est contraire à la bonne marche de la localité. Nos concitoyens suivent nos réunions publiques lorsqu’ils ont le sentiment que le sujet peut leur être péjorant. Ce n’est pas le cas et je suis convaincu que nos conseillers ne verront pas d’inconvénient à cette réunification. Il y a quelques années, le Conseil communal nous avait recommandé de nous ouvrir à des fusions, ce que la Municipalité a toujours prôné. Et nous avons là l’opportunité d’aller de l’avant, car c’est demain qui compte.