Marc Formosa à la barre, dans la timonerie.

Pompaples: beau destin pour arriver à destination!

Babord, tribord, proue, poupe, tangage, roulis... Ces mots font partie intégrante du vocabulaire employé au quotidien par Marc Formosa, et cela depuis son enfance ! Et ce n’est pas grâce au capitaine Haddock ou à Tintin qu’il a appris cela, mais bien par la vraie vie... Car le destin du nouveau capitaine de la CGN, Marc Formosa, habitant de Pompaples, tout fraîchement assermenté le 10 mars, n’est pas commun ! C’est l’histoire d’un Basque pur souche, au caractère bien trempé, que nous allons vous conter.

Jamais travaillé sur terre

«En fait, je n’ai jamais travaillé sur terre !», affirme avec humour celui qui nous reçoit dans la timonerie du bateau Général-Guisan, amarré au port d’Ouchy. Pendant la traversée du lac vers Thonon, nous avons tout le loisir de converser. Marc Formosa est né au printemps 1971. Il est marié à Danielle et père de deux garçons ados, Toni et Diego. Du haut de ses 45 ans et avec son accent basque qu’il ne peut renier, il explique qu’il dispose d’une expérience de 11 ans en tant que patron marin-pêcheur, passée au large sur l’Atlantique, entre Saint-Jean-de-Luz, Biarritz, Hossegor et Arcachon. «J’ai ça dans le sang... Je dois bouger sur l’eau!», dit-il. Et si ce matelot est devenu batelier, passant du «marin» au «lacustre», il l’a fait par amour, en suivant son épouse suissesse qui désirait revenir au pays.

«Je ne connaissais pas du tout le Léman. Mais quand j’ai vu cette immense étendue d’eau intérieure et sa merveilleuse flottille d’anciens bateaux à vapeur, je suis également devenu amoureux de ce lac. Mais encore fallait-il pouvoir entrer à la CGN. C’est l’Expo 02, où j’ai été batelier, qui m’a ouvert les portes de la compagnie en 2003», explique-t-il. Mais très motivé à l’idée de devenir capitaine d’une de ces merveilles, il suit alors tout le long processus de formation de la CGN avec ses nombreuses étapes, tout en devenant également citoyen suisse.

De matelot à capitaine

La formation à la CGN est très poussée. C’est une véritable pyramide à grimper pour arriver au sommet. Marc Formosa suit alors patiemment le cursus et passe successivement de «matelot léger» à «capitaine». Il a donc été engagé comme batelier-contrôleur (2003) puis il a été nommé batelier (2004), contrôleur II (2005), contrôleur I (2006), sous-timonier (2008), timonier (2009) et enfin timonier-pilote HGA (2013). Ce printemps, il est devenu capitaine (2016). A ce stade, il a passé les examens théoriques et pratiques de l’Offce fédéral des transports. Les capitaines sont habilités à dresser procès-verbal des infractions qui seraient commises à bord de leur bateau, soit un aspect juridique que leur confère leur assermentation.
Mais il n’en a pas encore fini pour atteindre son but. Une ultime formation doit être encore passée pour avoir le droit de commander les fameux vapeurs historiques. Un rêve qui est maintenant à portée de main et qui lui permettra enfin de coudre ses trois galons sur son épaulette.

Malgré les contraintes des horaires irréguliers, du travail du week-end, et d’effectuer de longues journées à bord, Marc Formosa est heureux comme un poisson dans l’eau... «C’est un métier de passion et j’ai eu une véritable chance professionnelle de pouvoir suivre ce cap. Surtout aussi que j’ai la chance de vivre «au Milieu du Monde», ce qui n’est pas rien!»