Les Urbigènes en compagnie de Jacques Nicolet et Jean-Pierre Grin.

Orbe: Palais fédéral, Invitation à Berne appréciée

Une quarantaine de conseillers et municipaux urbigènes se sont rendus à Berne, à l’invitation du conseiller national Jacques Nicolet. Après avoir entendu quelques informations à propos du Palais lui-même, la délégation a pu suivre un débat du National, beaucoup plus bruyant que le Conseil des Etats, plus confidentiel.

C’est lors de la réception du municipal de Lignerolle, auquel s’était associé Jean-Pierre Grin (Pomy) qu’il a été possible de se faire une idée plus précise du travail de ces parlementaires, en précisant que sur les quatre représentants vaudois de l’UDC à Berne, trois viennent de notre district, Alice Glauser (Champvent) complétant ce duo. Ancien président du Grand Conseil, Jacques Nicolet relevait que si les soucis des communes sont traités à Lausanne, il faut parfois l’aide de lobbyistes pour saisir le message dans des domaines où l’on est moins qualifié.

Le travail d’un conseiller national peut varier entre 40% et 70% de son temps. Lors de la première législature, on n’appartient en général qu’à une seule commission permanente alors qu’avec le temps, les mandats s’accumulent. Ce sont sans doute les commissions financières qui exigent le plus de temps, la «paperasse» peut aller jusqu’à 80 kilos par année pour informer leurs membres. Pour J.-P. Grin (3e législature) qui appartient notamment à la délégation du Conseil de l’Europe qui siège à Strasbourg, les voyages sont plus nombreux et vous emmènent sur tout le continent. Toutefois, les délégués suisses ont l’obligation de privilégier leur mandat de conseiller national, en premier lieu.

Mieux vaut parler allemand

Les élus des deux chambres, qui sont voisines dans le bâtiment, se rencontrent régulièrement dans la salle des pas perdus ou dans les cafés ou hôtels environnant la place fédérale, puisque leurs sessions se déroulent en même temps, pendant trois semaines à quatre reprises dans l’année. Malgré le fait de représenter différents partis, un respect mutuel existe.

Le Conseil d’Etat vaudois a pour habitude de rencontrer ses parlementaires lors de chaque session pour évoquer les vœux et les soucis de leur gouvernement (péréquation, transports, etc.). Pour siéger à Berne, mieux vaut parler l’allemand ou le «schwytzerdütch».

Certes, une traduction simultanée est à disposition au National, où les conseillers s’expriment dans leur langue d’origine, comme aux Etats. C’est différent en commission, où il faut comprendre les propos de ses collègues, car il n’y a pas de traduction, en ajoutant que 80% des prises de parole émanent des représentants alémaniques. Il n’est pas inutile de dire aussi que ces parlementaires peuvent quitter l’hémicycle à tout moment, mais sont rappelés à l’ordre par une sonnerie sur leur portable, afin de venir voter sur le sujet qui est débattu.

Enfin, nos gens du Nord Vaudois rentrent quotidiennement à leur domicile pour autant que la séance ne se termine pas très tard dans la soirée. En ce qui concerne les notes d’hôtels, ils doivent les assumer eux-mêmes, mais ils reçoivent tout de même une indemnité pour ces frais. La journée s’est terminée agréablement à la cafeteria du Palais avant que Jacques Nicolet retourne débattre sur les juges étrangers, alors que les Urbigènes reprenaient la route sous des trombes d’eau.