Martina Osmanovska

Orbe: une affaire d’état d’esprit

Martina Osmanovska

Martina Osmanovska

Martina Osmanovska tient le restaurant du Cheval Blanc depuis 2006. Chaque année, elle offre le repas de midi du 24 décembre à l’endroit des personnes en difficultés ou solidaires, en même temps qu’elle tient une crousille pour les Cartons du Cœur qui a permis de verser Fr. 590.– à cette œuvre en 2012. Il était dès lors bien normal de vous présenter cette dame à l’esprit généreux.

Espoir de voyager

Née à Bratislava où elle a suivi toutes ses écoles à l’époque de la Tchécoslovaquie, elle s’est orientée vers une filière hôtelière. Elle s’est formée pendant deux ans dans l’espoir de voyager grâce aux wagons-restaurants de la compagnie nationale des chemins de fer qui faisaient route vers l’Est de l’Europe, l’Allemagne ou l’Autriche.Elle ne parvenait pas à réaliser son rêve puisqu’elle accouchait très tôt d’une petite fille. Désormais, elle assumait sa vie de mère au foyer sans regret, tout en donnant quelques coups de main dans les vignes de sa région. A la même époque, le régime communiste s’effondrait et son pays se divisait en deux (République Tchèque et Slovaquie).

Longues démarches

C’est en 1999 qu’une connaissance établie en Suisse lui propose de venir dans notre pays. La jeune Slovaque prend ce risque bien qu’elle ne sache pas un mot de français. C’est par de petits boulots qu’elle gagne sa vie à Morges, Cugy puis Lutry où elle s’affirme. Elle n’a cependant toujours pas de permis de travail. Elle œuvre au gris, comme on le lui dit, et c’est en 2006 qu’elle finit par obtenir le droit de s’établir avec sa gosse, après de très longues démarches jusqu’au Tribunal Fédéral. Dans ces conditions, elle prend le pari d’exploiter le café-restaurant du Cheval Blanc. Elle rencontre aussi celui qui va devenir le père de ses trois garçons. Lorsqu’on lui demande s’il y a une raison à son engagement pour les plus malheureux qu’elle, Martina n’y voit que le fait d’avoir une âme naturellement généreuse comme sa mère l’était.

Fermeture temporaire

Pour des raisons de rénovation de l’immeuble, le Cheval Blanc fermera momentanément ses portes à la fin avril. En principe, elle devrait reprendre l’établissement qui aura été rénové et redimensionné. Le café-restaurant pourra accueillir une soixantaine de personnes dans une seule salle. Pour l’instant, rien n’est encore signé mais Martina souhaite pouvoir poursuivre son activité à cet endroit. Un nouveau défi pour cette mère de quatre enfants de 23, 7, 2 ans et de 3 mois qui ne manque pas de courage et pour qui le travail est essentiel. Martina Osmanovska est un bel exemple d’une émigrée qui a forcé le destin par son engagement et on ne peut que lui souhaiter de poursuivre son activité au haut de la rue des Moulinets.

Photo Pierre Mercier