Sécurité digne du temps des diligences

Orbe: sécurité malmenée

Sécurité digne du temps des diligences

Sécurité digne du temps des diligences

Le danger aigu que représente le passage à niveau du chemin de l’Etraz va faire l’objet d’un préavis de la Commune d’Orbe qui a décidé d’assainir cet endroit, en accord avec la société Travys, afin d’installer des barrières de sécurité. Il est vrai que la situation actuelle qui veut qu’une improbable croix de Saint–André juchée presque à la hauteur des étoiles, doublée d’un signal acoustique à valeur nulle si une simple radio fonctionne dans l’habitacle de votre voiture, bien que répondant aux normes de l’OFT (Office Fédéral des Transports), ne correspond plus du tout à une conception élémentaire de la sécurité moderne.

Le point de vue d’une riveraine

Questionnée au sujet de la perspective de cette amélioration, une riveraine a eu une réponse spontanément significative: «Pourquoi si tard?». Elle sait de quoi elle parle puisqu’elle a elle-même été gravement victime de ce passage à niveau voici une dizaine d’années. Elle a connu toutes les affres d’un tel accident: voiture démolie, permis de conduire retiré, tribunal, amende et, apothéose: un traumatisme pérenne qui, dit-elle, ne pourra s’atténuer ou mieux, espère-t-elle, disparaître, que quand les barrières seront vraiment en service. Elle affirme en effet que chaque fois que le train siffle à proximité de chez elle, elle revoit, appliqué à quelqu’un d’autre, le film de ce cruel épisode de son existence ! On ne comprend que mieux sa réaction mentionnée en début de chapitre.

L’avis d’un mécanicien de locomotive

La même question posée au plus ancien mécanicien de l’ex-OC, dinosaure comptabilisant 27 ans de bons et loyaux services à cette entreprise, a généré une bien juvénile réplique: «Superbe!». Et il sait de quoi il cause, lui qui doit avoir franchi ce Rubicon à moult centaines de reprises, quasi toujours avec un petit pincement au cœur, tant les conditions de visibilité sont aléatoires à cet endroit précisément. Il s’en est, à ce jour, sorti sans casse peut-être mais avec bien des haut-le-cœur, tant aussi bien la témérité, l’inconscience que l’inattention de quelques chauffeurs sont inquiétantes, certaines ultimes réactions imprévisibles, inappropriées, voire complètement improvisées. En cas de pépin, il faut savoir que si un conducteur de locomotive ne risque guère de lésions corporelles, l’impact psychologique pour cet acteur se trouvant à son corps défendant à la pointe de l’action, peut se révéler douloureusement destructeur.

Une anticipation de bon aloi

L’argutie qui veut que les autorités de toutes sortes attendent qu’il se passe quelque chose de très grave avant d’agir va donc être heureusement démentie: l’adage qui affirme que la santé n’a pas de prix s’applique également à la vie. On a même entendu dire qu’une telle installation était par trop onéreuse pour être seulement envisagée… Argument aujourd’hui donc tombé en désuétude. On ne peut que s’en réjouir!

Photo Willy Deriaz