Orbe: se rencontrer pour échanger

Etait-ce la proximité des élections communales ou le froid, on ne le sait pas, mais la fréquentation était en diminution lors de cette réception de la commune adressée à ses nouveaux citoyens. Qu’ils soient dans leur 18e année ou qu’ils viennent d’acquérir la citoyenneté helvétique, les participants se sont retrouvés à l’Hôtel de ville pour la partie officielle et ensuite au casino pour un repas du soir. L’occasion pour les municipaux ou les membres du bureau de discuter avec ces gens que l’on ne rencontre qu’occasionnellement.

Apprentissage et les garçons

A la table des jeunes, le souci de trouver un travail hantait quelque peu mes voisins. Un jeune Portugais effectue un apprentissage d’électricien où les échecs sont nombreux en première année ce qui l’oblige à être vigilant, car au terme de ses trois années, il aimerait entrer dans les forces de l’ordre. Un jeune homme de la région de Valence en Espagne, arrivé il y a trois ans, effectue une année scolaire supplémentaire pour parfaire ses connaissances. Il espère devenir ingénieur en mécanique sans se douter que le chemin sera sûrement long. A ses côtés, un Capverdien passe par un stage professionnel, mais il avoue avoir de la peine à se lever lorsqu’il voit la neige par la fenêtre!

Il est cependant conscient que l’on doit se soumettre aux horaires même s’il souffre du froid, car chez lui, il fait plus souvent 40 degrés que zéro. Chez les filles, les préoccupations sont d’un tout autre ordre: l’attitude des garçons. De véritables machos qui les font souffrir. Toutefois, une constatation s’impose, les unes comme les autres ne sortent pas forcément le vendredi ou le samedi soir. Sans voiture, ni permis, difficile d’aller à Lausanne ou ailleurs pour se distraire, sans parler de moyens financiers relatifs.

Le confort de la maison

Une famille lusitanienne bien intégrée relève qu’elle n’a pas encore reçu son permis d’habiter alors qu’elle possède depuis plusieurs années une maison au Chemin des Fleur-de-Lys. L’occasion de s’en ouvrir à la Municipalité pour Madame qui est arrivée dans notre pays à l’âge de 11 ans puisque ses parents, à la tête d’une famille nombreuse aux ressources limitées, lui avaient trouvé un travail pour garder les enfants de connaissances en Suisse. Longtemps au noir et privée d’école, elle a fait de gros efforts pour se retrouver aujourd’hui laborantine dans un institut de recherche à Aubonne. Enfin et en dépit des problèmes administratifs, elle adore le confort que sa maison lui procure et qu’elle partage avec son mari et ses deux filles.