Paul Gremion

Orbe: retraite du secrétaire municipal, un homme apprécié de tous

Son départ va créer un vide, car Paul Gremion connaissait tout du fonctionnement de la commune. A 61 ans, il a cependant décidé de s’en aller, laissant les clefs de la maison à son successeur Xavier Duquaine. Il a passé 21 ans entre les murs de l’Hôtel de Ville, une période qu’il a effectuée sous le mandat d’un seul syndic alors que son prédécesseur, Louis Ducraux, en avait connu six. «D’œuvrer avec Claude Recordon durant tout mon mandat a créé une complicité évidente. Je connaissais son approche de la gestion communale et ses attentes. Dès lors, tout devenait plus facile et agréable. D’autre part, mon travail a été facilité par la présence de chefs de service. Mon rôle consistait à superviser les affaires communales, car eux s’occupaient des questions propres à leur département. La diversité rend l’emploi gratifiant. On passe de choses bénignes comme les soucis liés aux chiens, à des plans de quartier déterminants pour l’avenir de la ville. Comme je connaissais bien la commune et ses habitants, cela m’a aidé à répondre aux attentes des citoyens. Toutefois, les gens sont devenus plus réactifs et égoïstes. Si bien qu’il a fallu parfois dire non à certaines demandes ce qui m’a valu quelques inimitiés».

Garder la maîtrise

Paul Gremion considère que l’agrandissement d’Orbe est devenu une nécessité dans le développement économique du canton. Il faut cependant en garder la maîtrise. La mise en œuvre du quartier de Gruvatiez-Lavegny est impérative comme l’a été le développement du chemin du Suchet. Accueillir jusqu’à 8 à 10 000 habitants lui paraît convenable. Il craint qu’au-delà, la localité perde son âme. Il admet que l’administration communale est trop souvent ralentie par les contestations et les recours. Au point que le fonctionnement n’est pas celui d’une entreprise privée qui décide d’un jour à l’autre de l’instauration d’un projet. Cela évite probablement de faire des erreurs même si parfois ces retards peuvent avoir des conséquences fâcheuses. Mais force est de constater que la population n’a plus le même respect de l’autorité et manque de confiance vis-à-vis de l’institution.

Se donner du temps

Auparavant, notre futur retraité a œuvré pendant 18 ans dans le monde carcéral dans lequel les décisions ont des dimensions plus graves. «Un refus pouvait avoir des conséquences importantes. Un détenu pouvait commettre un acte suicidaire. Je craignais les téléphones de nuit puisqu’on pouvait m’annoncer le pire ou une évasion pour lesquels il fallait prendre des décisions immédiates. C’était un travail passionnant, mais forcément stressant». A l’heure de prendre sa retraite, Paul Gremion n’a pas échafaudé de plan. Il se donnera le temps d’y penser au fil des jours, en commençant par s’occuper de sa famille. Sans doute consacrera-t-il quelques soirées à son idole, Johnny Hallyday ou aux clubs sportifs lausannois comme le LHC et le Lausanne-Sports dont il est fan depuis toujours. Parmi les bons souvenirs que la commune lui a procurés, il retient en premier lieu l’organisation de l’assemblée des communes vaudoises en 2004.
Paul Gremion peut quitter la commune la tête haute. Il a su rester proche de la population et des employés de la ville. Sachant manier l’humour comme il a su quelquefois se montrer ferme, il peut s’en aller avec le sentiment du devoir bien accompli. Merci Paul et bonne retraite!