Orbe et son Cinéma: comme une histoire d’amour



Sans élever la notion de culture au niveau de la tradition profonde, il faut bien reconnaître qu’Orbe a de longue date promu cet aspect intellectuel de l’existence humaine et ceci sans en attendre des retombées financières spectaculaires.

Ce dernier élément est à apprécier, tout particulièrement à notre époque où, semble-t-il tout au moins, plus rien ne se conçoit hors d’une trilogie à caractère dictatorial qui se décline uniquement selon le schéma rigide suivant : investissement – rendement (surtout) – amortissement !

Un brin d’histoire

Notre bon vieux, quoique récemment réactualisé, Casino a longtemps servi de salle de cinéma, du temps de projections dites «muettes», qui étaient égayées au piano par Madame Marie Jaccottet.

En ce temps-là, le bâtiment sis Rue des Terreaux 36 abritait une menuiserie exploitée par Monsieur Clément, brusquement décédé à la fleur de l’âge. Son descendant Pierrot n’ayant pas désiré lui succéder, sa veuve s’est résolue à vendre le bâtiment à Monsieur Charles Brönimann, déjà propriétaire du fameux CINEAC à Lausanne, qui avait imaginé y implanter une salle de cinéma, mettant ainsi à profit le vaste volume devenu disponible.

C’est donc dans une salle toute neuve, dotée d’un parterre et d’une galerie, qu’en 1948 pouvait être projeté un premier film moderne à Orbe.
Avant d’être acquis par la Commune en début des années 90, Monsieur Edgar Bichsel a assuré la pérennité de notre cinéma et c’est sous son égide que diverses transformations et adaptations ont été menées à bien (ouverture d’une seconde salle par prolongement de la galerie – introduction du système DOLBY de sonorisation – adaptation des sièges au confort du moment – etc.).

Et demain?

Même que demain, c’est déjà aujourd’hui !

En effet, aussi incontournable que le fut en son temps le passage du cinéma muet au cinéma parlant, le passage du système de projection «analogique» (support film) au système de projection dit «numérique» (support informatique) est parfaitement inéluctable.

Plus aucun film destiné à des projections publiques ne sera désormais enregistré ailleurs que sur ce dernier support et, conséquemment, une salle non adaptée à ce modernisme galopant verra son avenir s’assombrir, voire s’éteindre aussi brusquement que définitivement !

C’est donc bien dans le sens de la survie de ce pan important de notre culture locale que nos Autorités sollicitent du Conseil communal un crédit d’un gros demi-million de francs qui permettra non seulement d’adapter notre cinéma URBA aux canons des techniques «dernier cri» (même l’une des deux salles sera adaptée au fameux 3 D), mais verra également le confort de nos séants éminemment amélioré!

Orbe, centre culturel du nouveau district Jura - Nord Vaudois grâce à une intelligente et visionnaire utilisation d’un partenariat public/privé: pourquoi pas?

Photo Willy Deriaz