Immanuel de Souza en «chef d’orchestre»

Orbe-EPO: la musique qui fait oublier les murs

Immanuel de Souza en «chef d’orchestre»

Immanuel de Souza en «chef d’orchestre»

Un concert original s’est tenu aux EPO (Etablissements de la Plaine de l’Orbe) la semaine passée. Les participants de l’atelier de musique ont pu se produire devant un public, en compagnie d’une partie de l’IMO (Insubordination Méta Orchestra) et étaient écoutés à Lausanne au théâtre 2.21 en direct grâce à l’informatique. L’autre partie de la formation jouait à Lausanne et a été écoutée à Orbe.

Sous l’égide de Prélude, qui se définit comme un pôle de coordination d’actions culturelles en prison, un atelier de musique libre a lieu depuis une année à la colonie.Les musiciens, Immanuel de Souza (d’Orbe) et Benoît Moreau l’animent; le principe est une approche très libre de la musique ou plutôt du son. Tous les instruments ou «objets à possibilités sonores» sont acceptés.

Au départ, cinq détenus prenaient part à l’atelier, mais pour diverses raisons dont deux libérations, deux détenus ont pu participer au concert. Il faut relever qu’un des détenus libérés il y a quelques mois a rejoint la formation à Lausanne.

Développer l’écoute

Comme l’a souligné Charles Galley, le directeur-adjoint des EPO, dans un message d’introduction, cette musique improvisée développe des facultés d’écoute qui sont importantes dans le processus de reconstruction des détenus, mais il a aussi averti le public que ce n’est pas une musique qu’on a l’habitude d’entendre, il y a peu de choses structurées.

À Orbe il y avait 18 musiciens et à Lausanne 19. Les deux détenus, Sébastien à la guitare électrique et Fabrice au chant, ont eu la vedette car les musiciens leur ont laissé une grande place. Le public était composé de la famille ou de proches des détenus, de personnel de la prison, de membres de Prélude. Le concert s’est déroulé en quatre sets de 20 minutes joués alternativement à Orbe et à Lausanne.

Une première partie où Sébastien et Fabrice, accompagnés par Immanuel de Souza, ont débuté seuls le concert, rejoints petit à petit par les autres musiciens. Lors du deuxième set, les musiciens étaient «librement» dirigés par deux chefs d’orchestre en alternance.

Beaucoup d’émotions

On peut dire que c’est surtout une musique très vivante qui apporte beaucoup à celui qui la joue. Les musiciens explorent des voies ensemble et de temps en temps un langage commun ressort. On sentait une grande connivence entre tous les musiciens et ils ont réussi à faire passer des émotions. Cependant, quand on ne voit pas les musiciens, la musique était plus difficile à vraiment apprécier. Pour plus d’informations : www.Prelude.ch

Image aimablement fournie par le Service Pénitentiaire Vaudois

Edit du 6 janvier 2012: écouter intégralement le concert en suivant ce lien