Madeleine Develey dans le fauteuil offert par le Canton et la Commune d’Orbe

Orbe, centenaire: le bonheur personnalisé

Madeleine Develey respire la bonne humeur. A cent printemps, elle a gardé un sens de l’humour extraordinaire. Pas question de s’apitoyer sur son sort, bien au contraire. Malgré une existence qui ne fut pas toujours facile, elle a cette faculté de garder le sourire en toutes circonstances. Au point de vous faire envie de vivre aussi longtemps. Un bel exemple pour sa famille et tous ceux qui la connaissent, à commencer par le personnel de l’hôpital qui apprécie cette dame, toujours coquette, puisqu’elle se rend chez le coiffeur tous les 15 jours, respectant en cela la devise que lui a inculquée sa maman : « Soigne ton corps et ton visage ».

De Mathod à Orbe par Vaulion

Née à Mathod, où elle suivra l’école, Madeleine entamera sa vie professionnelle en s’occupant du ménage d’une famille d’Yverdon, puis à Genève, avant de quitter la ville pour trouver de l’emploi dans un restaurant de Vaulion, où elle s’intéressera davantage à la cuisine qu’au service. Elle y fera la connaissance de son mari qu’elle épousera à la veille de la guerre 39-45 à Romainmôtier. De ce couple naîtront trois enfants, deux garçons et une fille, qui disparaîtra trop vite. A la maison, grâce à une bonne oreille, elle confectionnera des boîtes à musique, puis de l’horlogerie. Elle donnera un coup de main à ses parents qui tenaient le moulin. Malheureusement, son mari décédera d’un cancer à 55 ans. Malgré ce coup du sort, elle restera dans le vallon du Nozon jusqu’en 1999, date à laquelle son petit-fils l’incitera à descendre à Orbe pour plus de commodité. Elle demeurera au bas de la ville jusqu’à l’an passé, pouvant encore vaquer allégrement à ses occupations ménagères. C’est finalement le bris d’un col du fémur, dont elle s’est parfaitement remise, qui l’obligera à quitter son domicile pour l’hôpital dont elle apprécie les services.

La marche et le Canada

Tout au long de sa vie, elle a aimé les grandes balades à pied, notamment du côté de Champex, où son petit-fils possédait un chalet. Elle s’est rendue au Canada pour rendre visite à son fils Willy qui exploitait une ferme entre Montréal et Québec. Malgré une bonne mémoire, elle ne garde qu’un vague souvenir de ses seules vacances estivales à l’étranger (à Sanary en France) avec sa famille. Lorsqu’il s’agissait de se distraire, elle appréciait particulièrement les fanfares comme les courses de formule 1 automobile à la TV, même si elle n’a eu que le permis de scooter avec lequel elle se baladait à Vaulion.

Un fauteuil confortable

Lors de cet anniversaire particulier, Mme Develey a eu droit aux félicitations de la Préfète, Evelyne Voutaz, qui lui a transmis un message de la Conseillère d’Etat Béatrice Métraux et d’un discours du Syndic Claude Recordon. A l’heure de résumer son existence, elle n’hésite pas à dire qu’elle a eu une belle vie, faisant tout de bon cœur et acceptant tout ce qui venait. Dans le fauteuil offert par le Canton et la Commune, elle ne manquait pas de plaisanter avec son entourage. Oui, Mme Develey, votre rencontre a été un vrai bonheur, tant votre forme, votre élégance et votre bonne humeur ont fait plaisir à voir.