Claudine Tosetti

Les 90 ans de Claudine Tosetti

Claudine Tosetti

Claudine Tosetti

Lundi 9 juillet, c’est Pierre Mercier qui s’est rendu à l’avenue de Thienne 7 pour apporter vœux et cadeaux des autorités municipales à Mme Claudine Tosetti à l’occasion de son 90ème anniversaire.

En présence de son mari Pierre qui atteindra aussi ce bel âge dans quelques mois et de sa famille, Mme Tosetti a bien voulu évoquer quelques étapes de sa vie.
Claudine est une fille Pillevuit de Baulmes où elle y passe toute son enfance, toutes ses classes et une bonne partie de sa jeunesse. Elle a un petit frère Pierre de quatre ans son cadet et une sœur aînée Lisette «toujours un bonheur parfait avec ma sœur» dit-elle.

A seize ans, le président de la commission scolaire suggère au papa d’envoyer Claudine poursuivre des études ; elle-même aimerait apprendre institutrice ou infirmière. Pas question, a-t-il répondu j’ai élevé des enfants pour moi, ce sont des employés qui ne coûtent rien, nous avons assez de travail! Il accepte toutefois que Claudine parte quelques mois en Suisse allemande, à Herzogenbuchsee où une dizaine de jeunes romandes vivent en demi-pension dans une famille.
Est-ce à une soirée ou à une répétition des sociétés locales que Claudine et Pierre se sont rapprochés, qui sait ? Il est un camarade d’école de son âge, un des fils Tosetti du magasin primeur de Baulmes, charmant garçon, beaux yeux, cheveux frisés, plein d’humour et travailleur. Papa Pillevuit lui accorde la main de sa fille, à condition que le jeune homme vienne aussi travailler dans son entreprise!

Le jeune couple, après un tour de noces mémorable au Tessin, avec une découverte un peu hoquetante des travaux pratiques de la vie amoureuse (on était deux apprentis) vient s’installer à Orbe en 1947.

Ils s’occupent du Comptoir agricole; prendre un peu de distance avec la famille est une ouverture bienvenue. Il y a beaucoup de travail, il faut faire connaissance des clients, de la population d’Orbe, ville qui représentait presque l’étranger pour elle qui ne s’y était rendue peut-être qu’une fois en 25 ans!
Après un temps d’adaptation à Orbe, il y a eu l’arrivée des enfants. Malheureusement un premier petit garçon est décédé à la naissance. Un temps difficile pour le jeune couple, mais cette épreuve nous a fait grandir ensemble dit-elle, nous a appris à partager notre foi, à faire confiance. En 1949, c’est la naissance de Jean-François, en 52 c’est Isabelle et en 54, la petite dernière Line.

Pendant toutes ces années, Claudine est une mère au foyer, très heureuse, attentive à chacun, excellente cuisinière et bonne infirmière. Très active dans l’entreprise familiale où elle fait office de «dépanneuse» aussi bien au bureau que pour s’occuper des livraisons, Mme Tosetti a toujours été débordante d’activités.

En dehors de sa famille, Claudine a un regard très ouvert sur le monde: durant d’innombrables années, elle a été un membre très fidèle des samaritains, d’abord à la section de Baulmes, puis à celle d’Orbe. Elle a été membre du conseil de paroisse, membre de la commission scolaire du cercle ménager, puis de la commission scolaire de l’enseignement primaire et secondaire. Elle a fait partie du chœur paroissial sous la direction de Lisette Mayor, puis du chœur de l’Amitié où elle chante toujours avec plaisir.

Elle est un peu «la main tendue» auprès de ses amies, ainsi que par ses nombreuses visites à l’hôpital.

Après le décès de papa Pillevuit en 1980, Pierre et Claudine quittent les Terreaux pour venir habiter à l’avenue de Thienne 7. Quelques années après, le bâtiment du Comptoir agricole a été vendu à la commune d’Orbe puis démoli pour faire place au magasin Migros.
C’est un grand bonheur pour Claudine et Pierre d’avoir 4 petits-fils, un arrière-petit-fils Noé et trois enfants qui vont bien! Après 62 ans de mariage, ce mari est toujours en admiration devant son épouse, «elle sait tout faire» dit-il, des sourires plein les yeux!

Que dit-elle de sa vie aujourd’hui: «Une vie pas toujours facile, pleine d’imprévus, une vie bien remplie, réussie, nous nous sommes beaucoup occupés de nos parents et beaux-parents, ma foi m’a toujours accompagnée, tout ce qui nous est arrivé, c’était pour nous faire avancer, nous faire grandir».

C’est sur cette belle philosophie de vie que s’est terminée cette petite manifestation fort sympathique et que le rendez-vous a été pris pour octobre avec son mari Pierre, et même pour un centième anniversaire de Claudine, qui sait?

NB: Une partie de ce texte est tirée d’une présentation faite par une amie de Claudine, Mme Violette Baudraz, d’Agiez.