Le Berger et sa bergère.

Le Berger et sa bergère s’en vont sur l’Alpe…

 

Le Berger et sa bergère.

Le Berger et sa bergère.

Il a fait son apprentissage en Gruyère, suivant les conseils de sa maman qui lui avait dit: «Tu devrais faire fromager, tu n’auras jamais faim!» Il est vrai qu’à cette époque, et surtout dans une famille nombreuse (ils étaient neuf frères et sœurs), on ne mangeait pas toujours à sa faim. Son papa était agriculteur et sa maman a fait les marchés pendant 65 ans à Bulle. Les enfants allaient cueillir des fruits en forêt (jusqu’à 60 l. de framboises d’un jour) pour mettre du beurre dans les épinards.

Fromager

Ce métier lui a tout de suite plu et il n’avait qu’une envie, tenir sa propre laiterie; après l’apprentissage, il fait des stages et vient travailler au Linor (appellation de l’époque). Peu après, le laitier d’alors, Fred Goy, quitte Orbe pour reprendre une laiterie à Lausanne, Freddy postule sa place et l’obtient. Il y restera jusqu’à ce 31 mars 2011, pour le plaisir des clients qui viennent de loin acheter les produits de son étal.

Son palais

C’est ce qu’il a le plus utilisé pendant toutes ces années, car pour vendre de la bonne qualité, Freddy goûte avant d’acheter, il va jusqu’à Lyon, en Gruyère ou ailleurs. La provenance du fromage n’est pas très importante, la qualité et le goût, par contre oui, car il est très exigeant. Il a créé une recette de garniture pour ses tommes à l’ail des ours qui ont beaucoup de succès. Il aime le Gruyère AOC qui est un produit fantastique et cela pas seulement parce qu’il vient de son pays!

Mélange pour la fondue

Son prédécesseur coupait le fromage devant le client, mais Freddy a cherché et trouvé le mélange moitié-moitié adéquat qui lui convenait. Cette recette était la bonne et il en a fait des tonnes et des tonnes au long des années. Ce mélange est dégusté dans le monde entier car sous vide, il voyage dans les valises jusqu’en Nouvelle-Zélande ou en Australie.

Il en livre des grandes quantités à l’Olma à Saint-Gall et à la Cave Vaudoise du Comptoir. Il va transmettre sa recette aux nouveaux fromagers, Marjorie et Steve Berger de Lignerolle qui vont perpétuer la façon de faire de Annette et Freddy Fragnière.

Regrets

L’âge étant là, il mérite d’arrêter, mais c’est tout de même avec regrets qu’Annette, son fidèle bras droit et lui fermeront la porte à la fin du mois. Ils ont aimé le contact avec la clientèle et cela se sentait. D’humeur joyeuse, avec toujours un gentil mot pour chacun, ils étaient chaleureux et sympathiques. Les clients vont vous regretter, merci à tous deux !

Photo Marianne Kurth